Depuis six cents ans, douze des membres de la Chambre des
Lords, chambre qui exerce une petite partie du pouvoir judicaire jouaient en même temps le rôle de juridiction ultime pour l’Angleterre, le pays de Galles
et d’Irlande du Nord.
Désormais, ces Law lords – littéralement les Lords de la Loi- qui
perdent du même coup le droit de participer aux travaux de la Chambre des Lords à la Chambre des lords siégeront à part au sein d’une toute nouvelle Cour
suprême.
Les tenants de la réforme parlent bien sûr d’un progrès dans
l’établissement d’une réelle séparation des pouvoirs. Que l’on permette à un Français qui enseigne, depuis trente -huit ans, les aléas de la séparation des pouvoirs depuis
le renversement révolutionnaire du roi Louis XVI le 10 août 1792- au mépris de la séparation des pouvoirs pourtant constitutionnellement proclamée les 3/13 septembre 1791- le
rappel qui suit :
Ce qui protège les droits d’un peuple, ce sont moins des textes
parfois violés alors que l’encre de leurs lignes était à peine sèche que les sentiments de ce peuple lui-même patiemment forgés et entretenus par les traditions de toutes sortes
et ce depuis fort longtemps.
C’est à cette lumière - et
non sous ces"Lumières"- que la déclaration de lord David Neuberger, l’un des douze juges de la chambre des Lords, qui a refusé d’intégrer la nouvelle juridiction,
déclaration rapportée en tête de cet article doit être lue, relue et appréciée.
Alain TEXIER.
Origine.
Cyrille Vanlerberghe. Londres se donne une
nouvelle Cour suprême. Le Figaro . 2 octobre 2009 p. 7.
Jean de Boishue a été chargé par le premier Ministre François Fillon de suivre un dossier important (au point de vue électoral ?) le
transfert du crâne de Descartes, acquis par la France après des pérégrinations que le journaliste du Figaro a qualifiées de « rocambolesques
« du … musée de l’homme où il est actuellement exposé au Prytanée de la Flèche (Sarthe), au cœur du fief électoral du Premier
Ministre.
Le reste des ossements du philosophe et mathématicien est
aujourd’hui conservé en l’église Saint-Germain-des-Prés, après l’avoir été en l’église Saint-Etienne –du –Mont toujours à Paris.
Un angevin, même Premier Ministre, doit pouvoir
comprendre que les restes mortels d’un homme, quant la Providence a voulu qu’ils ne se decompossasent pas, et parce qu’ils ressusciteront au dernier jour, doivent être
entourés du plus grand respect.
Origine.
Ph. G.
Fillon veut transférer au prytanée de la Flèche le crâne de
Descartes.
Charles-Michel de L'Épée, dit l'abbé de L'Épée, né Charles-Michel Lespée[1] à
Versailles le 25 novembre 1712 et † à Paris le 23 décembre 1789, est un entendant qui s'est battu et a réussi à imposer à l'opinion le fait que les sourds sont des personnes comme les
autres.
L’Assemblée Nationale a adopté, le 26 août 1789 la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dont
l’article XI :
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus
précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
Dès le 14 janvier 1790, l’Assemblée Nationale décide de « faire publier les
décrets de l’Assemblée dans tous les idiomes qu’on parle dans les différentes parties de la France. (…) Ainsi, tout le monde va être le maître de lire et écrire dans la langue qu’il aimera mieux
»
(Pierre Encrevé, conférence du 16-12-05)
Pierre Encrevé :
« Parler librement » cela inclut, il va sans dire, le parler gestuel.
Contrairement en effet à ce que pensent parfois les entendants autocentrés, rien ni dans l’étymologie (du
parabolare bas-latin, qui provient lui-même du paraballein grec, qui renvoie au geste de jeter, lancer) ni dans les emplois courant des mots parler et parole n’implique une forme orale (parler
avec les mains, parler en langues des signes).
La Révolution reconnaît l’apport de l’abbé de L’Epée. En 1790, elle le décrète « bienfaiteur
de l’humanité »
On peut dire qu’en 1789-1790 la Révolution française reconnaît totalement les droits
linguistiques de l’homme. La liberté d’expression et de communication : parler et écrire librement comprend à la fois le droit d’écrire et de parler en breton, de lire les lois et décrets dans
les différentes langues régionales, mais aussi le fait de pouvoir s’exprimer en LS.
On peut dire que c’est un moment idéal pour les droits linguistiques.
Yves Bernard
En 1776, l'abbé de l'Epée publia anonymement « L’institution des sourds et muets, par la voie des
signes méthodiques, ouvrage qui contient le projet d’une langue universelle par l’entremise des signes naturels assujettis à une méthode ». Ce livre s’adressait à l’Europe entière et dut déranger
bien des précepteurs, dont Pereire, qui tenaient leur méthode secrète.
François Legent
Dès 1790, dans les documents officiels de la Convention, l’instituteur [l’abbé de l’Epée] était glorifié
: « l’immortel l’Épée », « de l’Épée, dépositaire unique de cette précieuse méthode qui nous donne l’espérance de voir réaliser un projet d’une langue universelle ».
Un projet de décret de 1791 déclarait : « que le nom de L’Epée… serait placé au rang de ceux qui ont le
mieux mérité de l’humanité et de la patrie ».
Christian Cuxac :
Grâce à l’expérience de l’abbé de L’Epée, se fonde une communauté nationale de sourds qui passe à
plusieurs milliers de personnes. On n’est plus du tout dans les mêmes chiffres quantitatifs.
Et sur le plan qualitatif aussi ; une énorme avancée grâce à l’expérience de l’abbé de
L’Epée. La LS, qui était une langue de la vie quotidienne, une langue des échanges quotidiens, devient une langue institutionnelle de transmission des différents savoirs.
On va pouvoir faire des cours de géographie, d’histoire, de sciences naturelles en LS.
Grâce à la LS, langue première, en travaillant sur le sens, on va permettre aux sourds d’accéder à
leur autre langue, celle qui va leur permettre la socialisation avec le monde des entendants : la langue écrite.
Brigitte Lemaine :
L’abbé de L’Epée est mort juste avant la révolution, en 1789, mais la République a adopté ses enfants et
son école qui devint en 1791 l’Institution nationale des sourds-muets de Paris.
Il a fondé quelque chose qui avait un lien profond avec la République, tellement profond que les
révolutionnaires voyaient, comme lui, dans la langue des signes la future langue universelle.
Une langue gestuelle que les entendants de tous les pays pourraient apprendre dans les écoles.
Après l’interdiction de la langue des signes au congrès de Milan en 1880* , les sourds ont été en grande
parti évincés de l’enseignement, ce sont les entendants qui ont alors pris en main l’éducation des sourds.
* le Congrès de Milan de 1880 tenu par les enseignants des sourds (auquel aucun sourd ne fut invité), qui déclara que
l'enseignement ne doit être qu'oral et que la langue des signes devait être interdite.Cette
interdiction ne fut levée qu’en 1991.
Lors d’un Congrès international des sourds et lors du Congrès international sur l’éducation et le sort des
sourds en 1900, le docteur Ladreit de la Charrière, qui préside le congrès, humilie les sourds. Une personne sourde s’exprimant par signes est comparée à un chimpanzé : tous les gestes qu’elle
fait ne sont pas considérés comme une langue.
Le congrès de Milan a donc mis un terme à une période d’émancipation pour les sourds, une période
où ils avaient la possibilité d’organiser eux-même leur éducation, où leur langue visuelle avait une légitimité.
Comment expliquer un tel retournement dans la perception de la langue des signes ?
J’ai du mal à comprendre comment on a pu passer, en moins d’un siècle, de la langue des signes comme
modèle de langue universelle à la langue des signes comme langue archaïque, langue-ghetto, langue-handicap.
L'enseignement de l'histoire en France a eu tendance à négliger la Restauration et la monarchie de Juillet, régimes jugés à contre-courant puisqu'au lieu de conduire la
France à la République, ils la ramenaient à la monarchie. Passe encore pour la Restauration, imposée par les puissances en guerre, (NDLRB. Et encore … !)
mais la monarchie de juillet aurait pu bénéficier d’un traitement différent.
Le Mot de l'éditeur : Louis-Philippe,
le prince et le roi
L'enseignement de l'histoire en France a eu tendance à négliger la Restauration et la
monarchie de Juillet, régimes jugés à contre-courant puisqu'au lieu de conduire la France à la République, ils la ramenaient à la monarchie. Passe encore pour la Restauration, imposée par les
puissances en guerre contre Napoléon, mais en juillet 1830, alors que la République était à portée de main, elle avait été en quelque sorte confisquée par Louis-Philippe et ses
partisans.
Or c'est à une tout autre lecture que nous convie cet ouvrage. Son premier mérite est
de rappeler aux lecteurs quelques idées simples, mais que, tout à notre habituelle conception révolutionnaire de l'Histoire de France, nous avons tendance à oublier. En premier lieu, cette
période, et plus particulièrement la monarchie de Juillet, a été essentielle à la formation politique de la France moderne parce qu'elle a posé les bases du système parlementaire. Par ailleurs,
elle constitue la seule véritable mise en oeuvre en France d'une monarchie parlementaire, les tentatives des débuts de la Révolution française ayant rapidement échoué. Enfin, la monarchie de
Juillet fut le moment où le système politique français se rapprocha le plus du système politique britannique. Nul n'est mieux placé qu'un historien anglais pour nous le faire toucher du doigt,
tout en nous montrant la contradiction entre l'anglophilie de Louis-Philippe et le manque de pragmatisme dont il fit preuve à la fin de son règne, si français et si peu britannique.
Munro Price, spécialiste de l'histoire de France, (NDLRB.Mais n’enseignant naturellement pas à titre principal en
France ses sujets de prédilection) a été professeur associé à l'université de Lyon. Il est actuellement professeur d'histoire moderne européenne à l'université de
Bradford.
«Munro Price révèle une entente remarquable entre Louis-Philippe, roi des Français en 1830, et sa soeur
Adélaïde. L'émergence de celle-ci comme l'une des femmes les plus importantes des figures politiques françaises du début du XIXe siècle est particulièrement convaincante grâce à la très active
recherche de Price dans les archives.»
The Mail on Sunday
Antonia Fraser
«Nous ne sommes point des sauvages arrivant nus des bords de l'Orénoque pour former une société. Nous sommes une nation
vieille et sans doute trop vieille pour notre époque. Nous avons un gouvernement préexistant, un roi préexistant, des préjugés préexistants. Il faut, autant qu'il est possible, assortir toutes
ces choses à la Révolution et sauver la soudaineté du passage.»
Ces paroles prononcées par Mirabeau à l'Assemblée nationale, la première année de la Révolution
française, n'étaient pas seulement profondes, mais prophétiques. Pendant tout le XIXe siècle - et, pourrait-on soutenir, jusqu'à nos jours - l'histoire de France a été celle d'un effort pour
réconcilier les valeurs traditionnelles dont parlait Mirabeau et l'héritage de la Révolution. La monarchie était la plus importante de ces valeurs traditionnelles. Pendant presque un demi-siècle
après la Révolution, la France a bataillé pour trouver un compromis entre cet ancien principe et les idéaux de 1789 et créer une formule assurant la stabilité politique.
Bien qu'essentielle pour la formation de la France moderne, cette époque
reste négligée. Pourtant, la période entre 1814 et 1848 a à la fois de la cohérence et une grande importance pour l'histoire non seulement de la France, mais aussi de l'Europe. Pour un historien
anglais de la France, elle a un intérêt tout particulier .A aucun autre moment, ni avant, ni depuis, le système politique français ne s'est jamais autant rapproché de celui de la
Grande-Bretagne qu'entre la restauration de Louis XVIII et le renversement de Louis-Philippe.
L’idée de fédérer expériences et énergies royalistes de par le monde, encourageant les mouvements étrangers et braquant sur eux les projecteurs français
en espérant d’inévitables retombées n’est pas sans flairer a priori l’affaire juteuse.
Il va de soi que nous ne pouvons que souhaiter le meilleur pour nos alliés héréditaires, ou ceux que l‘Histoire fit apparaître comme tels à un
moment ou à un autre, en dépit des lacunes criantes et maintes fois décriées de notre politique étrangère républicaine : Irlande, Belgique, Bavière, Confédération sudiste, ils sont nombreux qui,
à divers degrés, se sont fait nos amis parce qu’ils étaient l’ennemi d’un ennemi, et dont il serait intéressant de voir le rapport à la royauté, et, une fois que nous avons posé l’absolue inanité
de la démocratie, ce indépendamment des époques et des lieux - Maurras le fit sans se jeter dans cette chimérique bataille -, voir quelles seraient les modalités d’une instauration monarchique
chez eux ; et si l’établissement est déjà fait, prendre exemple sur la manière dont elle s’est faite et, puisque la tradition française à son propre modèle, critiquer de façon toujours
constructive celui des autres.
Mais il est d’autres cas où le dilemme se pose de savoir si, en soutenant chez des rivaux - rivaux héréditaires ou rivaux accidentels - celui que
nous tenons pour le meilleur des régimes, nous n’œuvrons pas contre à rebours de combats plus importants que nous nous sommes fixés avant : le bien de la France et la puissance française, qui est
aussi le bien de ces petits pays que nous avons cités, et sans lequel nous savons que tout est perdu pour tout le monde. Car le monde a besoin d’une France forte qui a toujours été facteur
d’équilibre entre les puissants : d’Europe d’abord puis du monde. Or que sera demain la pauvre république française entre les géants américain et russe, comme hier dans la Guerre froide ? Son
sort, et le sort des petits, sera-t-il plus enviable qu’à l’heure de l’hégémonie américaine ? Nous savons que la Russie n’œuvre que pour ses intérêts, la dernière crise du gaz l’a encore montré,
et la guerre géorgienne avant, et nous ne pouvons pas lui en demander plus d’ailleurs.
Un combat réaliste pur d’illusions romantiques paralysantes passe donc, comme il se doit, par l’instauration monarchique française avant toute
autre considération, en dépit des aspects éventuellement intéressants mais cruellement anecdotiques du projet d’internationale monarchiste.
Reinelde Maes
Origine Action française étudiante.
« La première des libertés, c’est l’indépendance de la patrie »