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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 09:05

Le sentiment d'abandon est en train de gagner les Français, qui ont apparemment toujours autant de mal à se réconcilier avec leurs élites. Le risque d'exaspération devant le "court termisme", appliqué en politique, me faisait écrire, dans le dernier bloc-notes, que "les raisons de manifester ne manquent à personne, à gauche comme à droite"…
La droite et la gauche partagent une même faiblesse dans le diagnostic et dans la vision des crises qui s'accumulent. Les syndicats, qui réduisent les débats au seul pouvoir d'achat, refusent pareillement d'analyser la complexité des bouleversements.. la langue de bois et le poids des tabous empêchent les dirigeants de comprendre ce que veulent vraiment les gens. Ne serait-il pas temps, pour eux, d'écrire les nouveaux cahiers de doléances ? Commençons, ici même ...
Le lien ci dessous permet  de prendre connaissance des commentaires postés et d’y joindre le vôtre :

 Source.http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2009/02/ecrire-les-nouveaux-cahiers-de.html#comments

    Et à propos de  commentaire , que pensez  vous de  celui –ci (extraits) ?

9 février 2009 14h07
Rage dedans a dit :

LETTRE PERSANE LXXXIII.
Nestor à Usbek,
Laissez-moi, mon ami, alors que l’on ne parle que de rédiger de nouveaux cahiers de doléances, de tenir d’autres Etats-Généraux (on les appelle « Grenelle » maintenant), voire de refaire la Révolution, rajouter quelques touches de pinceaux à ma miniature de Louis XVI.
_De ce « roi-bienveillant », les plus indulgents ne se rappellent que le bricoleur en train « de forger une clef ou un cadenas », assez stupide pour améliorer le mécanisme de la guillotine qui lui trancherait bientôt le cou. Hézecques, ne faisait pas grand cas de ce qui n’était pour son maître qu’un « mode de récréation … les ouvrages sortis de ses mains ne prouvaient ni une grande adresse ni une longue habitude. » _La légende préfère le serrurier à l’autodidacte, doué d’une mémoire exceptionnelle, qui possédait le latin, comprenait l’allemand et parlait italien et anglais. Son grand-père, qui n’avait jamais pensé qu’un jour ce garçonnet timide pourrait lui succéder un jour, avait d’abord négligé son éducation. Mais, l’orphelin, inspiré par un père austère et érudit qu’il voulait honorer en tout en s’appliquant à mériter son estime posthume, s’instruisait avidement.
_Ce roi ignare lisait tous les jours les gazettes de Londres, ayant traduit dans sa jeunesse l’Histoire de Charles Ier de David Hume et les cinq premiers volumes de La décadence de l’Empire romain de Gibbon. En novembre 1763, dans une lettre à son ami le docteur Robertson, le philosophe anglais s’émerveille de l’accueil que lui réserve le jeune dauphin : « Le duc de Berry, l’aîné, un garçon de dix ans (le futur Louis XVI avait neuf ans et trois mois), s’avança et me dit combien j’avais d’amis et d’admirateurs dans ce pays-ci, et qu’il se comptait dans leur nombre à cause du plaisir qu’il a tiré de la lecture de beaucoup de passages de mes œuvres ».
La légende choisit d’oublier le géographe averti, le « navigateur immobile » (pour reprendre le joli titre d’Etienne Taillemite), qui rédigea lui-même les instructions de La Pérouse et l’ingénieur avisé qui étonna les officiers de Cherbourg par ses connaissances, reconstruisit la marine et développa le commerce français, faisant jeu égal avec l’Angleterre en 1787 (1153 millions de livres d’exportations).
La passion du souverain pour la géographie n’est pas qu’un simple délassement intellectuel. _Tout enfant, il appris à lever des cartes (celle qu’il avait dressée de la forêt de Compiègne fut publiée). Plus tard, Philippe Buache, membre de l’Académie des Sciences, l’initie à la lecture de cartes marines. Il est reconnu comme « l’un des géographes les plus accomplis du royaume. Quand au coucher, note Hézecques, la conversation s’engageait sur la géographie et la navigation, et surtout avec le sous-gouverneur du dauphin, M. du Puget, il n’y avait plus alors de raison pour qu’elle se terminât ; et la pendule sonnait plus souvent une heure du matin que minuit, lorsqu’on se décidait à s’arrêter. »_Etudiant l’histoire de l’Angleterre, il a compris depuis longtemps que la puissance d’une nation se construit sur sa marine et sa capacité à ouvrir des routes et établir des relations commerciales durables avec les terres les plus lointaines. Il envie les mille soixante-dix-huit vaisseaux et les vingt-deux mille hommes d’équipage qui assurent son commerce avec ses comptoirs de l’Amérique du Nord, faisant la fortune de Londres, Bristol, Liverpool et Glasgow. Il tourne et retourne dans sa tête les paramètres de la puissance maritime : la coque d’un soixante-quatorze nécessite le bois convenablement séché de deux milles arbres de haute futaie (chêne et orme) et une cinquantaine de charpentiers expérimentés travaillant douze mois ; la moindre frégate demande douze cents troncs parfaits et occupe une trentaine de charpentiers sur un an. Il admire la hardiesse des marins anglais et parmi eux James Cook. Aussi est-ce, alors que « l’esprit ancien de découverte paraissait entièrement éteint », qu’il assigne à Jean-François La Pérouse l’ambitieuse mission d’émuler et surpasser par un sublime dérade les voyages de l’illustre Cook et ceux de Clarke : explorer tout le Pacifique Nord et Sud en longeant les côtes d’Amérique, de Tartarie, de Chine et Japon, sans oublier de reconnaître celles de l’Australie, rechercher le passage au nord du continent américain. Et qu’il lui confie le commandement d’une expédition composée de deux vaisseaux, la Boussole et l’Astrolabe, dont il a fixé lui-même les objectifs et tracé la route sur les cartes de son cabinet. Il s’agit aussi bien d’étudier la faune marine que de préparer l’établissement de bases qui nous donneront accès à l’Alaska, aux Philippines ou au Kamtchatka. Avec minutie, il rédige les instructions (un mémoire en cinq parties) d’une opération de prestige dont les objectifs sont tout à la fois scientifiques, politiques et économiques. Aucun détail ne lui échappe : préparatifs, cargaisons, approvisionnements, instruments de mesure, sélection de la meilleure équipe de spécialistes (Monge et Dagelet, tous les deux mathématiciens et astronomes, de Lamanon, physicien et minéralogiste, des botanistes, des géologues et naturalistes…), listes des livres nécessaires à ces savants, discipline, santé et sécurité des équipages, protocoles des recherches et des rencontres avec les naturels, etc ._« Faire suivre, ordonne Louis XVI, aux bâtiments de sa Majesté, dans les différentes mers, des routes qui n’aient été suivies par aucun des navigateurs qui l’ont précédé, afin de multiplier les découvertes et d’avancer considérablement, dans cette campagne, le grand ouvrage de la description complète du globe terrestre…»_Cette expédition, on le sait aujourd’hui, fera naufrage au large de l’île de Vanikoro. Jusqu’à sa mort, Louis XVI s’inquiétera du sort de son navigateur disparu. « A-t-on des nouvelles de La Pérouse ? » demande-t-il avidement à ses visiteurs à la prison du Temple.
…………….
Outre sa grande bonhomie, la culture et l’éclectisme du roi, passant avec la même aisance de la géographie, au commerce, à la poésie, ne cessent de stupéfier ceux qui l’approchent de près. _« Le roi m’a surpris », confesse Henri de Prusse, le frère de Frédéric II. « On m’avait dit que son instruction avait été négligée, qu’il n’était informé de rien et avait peu de jugement. J’ai été étonné, en m’entretenant avec lui, de constater qu’il était versé en géographie, que ses conceptions politiques étaient justes, qu’il ne perdait jamais de vue le bonheur de son peuple et qu’il faisait constamment preuve de bon sens, ce qui a bien plus d’importance pour un prince qu’une intelligence brillante; mais il manque trop de confiance en lui-même. »
« Un homme de lettres des plus en état de juger, raconte la fille de son premier valet de chambre, l’ayant un jour entendu faire la comparaison suivie d’une ode d’Horace avec un hymne de Santeuil, ne pouvait revenir de son étonnement, et le racontait au valet de chambre Thierry. – Vous ne vous doutiez pas, dit l’officier, que le Roi fut si instruit ! Eh bien ! lui-même ne s’en doute pas d’avantage, et il est sûrement loin de sa pensée de chercher à vous étonner. Mais vous êtes homme de lettres, il vous a parlé littérature. »
On est bien loin des ragots de l’abbé de Véri, des obscénités des pamphlétaires et des ignobles invectives de Desmoulins, Fréron, Carra ou Hébert, qui, inlassablement répétées (l’ivrogne Capet, le cochon, le gros porc, l’ogre, le cocu, etc…) et poursuivi par la calomnie jusque dans la troisième strophe de la Carmagnole (« Va Louis, si gras, si lourd,/ Du Temple dans la tour »). Le roi, prisonnier au Temple, le Père Duchesne redouble de calomnies, colportant qu’il y « dévore [d’un trait] pâté en croûte, six œufs au jus, un énorme morceau de volaille », le tout fortement arrosé « du plus chenu muscat ». Ce menu est repris sans sourciller par nombre d’historiens, qui feignent d’ignorer que son auteur utilise aussi bien la même diatribe contre Roland : « Pardi, citoyen Duchesne, s’écrie la commère Martichon, la ravaudeuse du coin, comme çà serait farce de te voir avec ta vieille souguenille [9] couverte de terre et de plâtre dans ce beau carrosse doré où le vieux Roland se carrait comme un prince [10]. Au lieu de venir pomper avec nous de cette mauvaise piquette de Suresnes, le plus chenu Bordeaux, le plus fin Muscat arroserait ton gosier desséché._Autres échantillons de cette chienlit :
Nº 175 : « Louis le Templier, qui étouffe à force manger du fromage…»_Nº 192 : « Le Cochon du Temple est sur la litière, a pris un bouillon de pape, tandis qu’il boit, mange et ronfle comme de coutume…__Nº 198 : « Pétion est remplacé par un foutu marchand de tisane [Chambon de Montaux], qui va nous réduire à la diète au lieu de nous donner du pain ; qui tâtera le pouls à l’ivrogne Capet, et emploiera le vert et le sec pour lui conserver la vie et la santé…»
Si pareilles vilenies étaient prévisibles de la part de ceux qui voulaient abattre la monarchie, elles ne laissent pas de surprendre quand un historien les colporte. Ainsi, Michelet se surpasse-t-il dans la préface du XIXe tome de son Histoire de France. Hébert ou Marat, réagissant à chaud, n’ont pas été plus loin que cet érudit respecté, écrivant ces lignes en 1867 dans le calme de son cabinet, et dissimulant la haine, la petitesse d’esprit, le sectarisme, voire le racisme, sans parler de la hantise quasi obsessionnelle d’un immémorial « complot autrichien », sous une apparence d’objectivité : « Louis XVI n’eut rien de France, ne la soupçonna même pas. De race et par sa mère, il était un pur Allemand, de la molle Saxe des Augustes, obèse et alourdie de sang, charnelle et souvent colérique. Mais à la différence des Augustes, son honnêteté naturelle, sa dévotion, le rendirent régulier dans ses mœurs, sa vie domestique. En pleine cour il était solitaire, ne vivant qu’à la chasse, dans les bois de Versailles, de Compiègne ou de Rambouillet. C’est uniquement pour la chasse, pour conserver ses habitudes qu’il tint les Etats généraux à Versailles (si près de Paris) !_S’il n’eût vécu ainsi, il serait devenu énorme, comme les Augustes, un monstre de graisse, comme son père le Dauphin, qui dit lui-même, à dix-sept ans, « ne pouvoir traîner la masse de son corps ». Mais ce violent exercice est comme une sorte d’ivresse. Il lui fit une vie de taureau ou de sanglier. Le soir, un gros repas où il tombait de sommeil, non d’ivresse, quoi qu’on en ait dit. Il n’était nullement crapuleux comme Louis XV. Mais c’était un barbare, un homme tout de chair et de sang. … » 
Paris, le 9 février 2009 [le 13 de la lune de safar 1430]

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commentaires

Saint Michel Archange 12/02/2009 09:40

Une Bonne idée! Gardons l'espérance d'un evenir meilleur. Toutes les idées peuvent y contribuer. Et je me ^lait à penser qu'une nouvelle monarchie inspirée par Dieu peut changer les choses...