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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 21:26
         A l’heure où prend  fin cette semaine  sainte  dont les échos se  continueront pourtant  durant toute  la semaine à venir  « in Albis », peut-être est-il utile  de se remémorer  quelques-uns des  moments  forts  de  cette semaine de travaux  spirituels où notre âme n’a pas cessé d’être en chantier.

Jeudi Saint
   Le dépouillement des autels ou faire mourir en nous le  vieil homme.
   C’était  comme un ballet funèbre, le Tantum ergo achevé. Pressés mais méthodiques les enfants de chœur  faisaient la  navette entre l’autel majeur … et  d’ailleurs unique (voir la photo des travaux de finition de la chapelle  illustrant cet article) et la sacristie au fond de l’église à gauche. Maintenant  que le Seigneur avait  été placé au reposoir et salué par des génuflexions à deux  genoux, plus rien ne devait décorer  cet autel appelé  à devenir dans les plus  brefs délais plat et nu comme la  croix où serait cloué  méthodiquement , lui aussi, demain le sauveur.
    Ainsi devra-t’il en être de notre  âme. La nature a  horreur  du vide, mais le Seigneur, lui ; a horreur  du plein. Comment pourrait-il venir en nous et  y faire sa demeure s’il peut à peine pousser la porte ? Il n’est pas  du genre à s’installer  comme un squatteur ou comme  un passager  clandestin ; Si nous  voulons que notre  sauveur entre  en notre âme , ne faisons pas  comme s’il  n’attendait  pas devant la porte.

Vendredi Saint
   La  vénération de la croix ou le  blason aux armes de France.
   Ece lignum crucis …In quo salus  mundi pependit.
Voici le  bois de la croix… Auquel  le salut du monde  a été suspendu.
Voilà le moment  de la vénération, le  célébrant, pieds nus, fait trois  génuflexions  avant de poser ses lèvres  sur l’instrument de supplice et  de salut. Ceci fait, la procession des  fidèles s’organise dans  un silence absolu. Je  me suis fait  ce soir un plaisir   rare. Je  suis  venu à l’office  avec mon « Office de  la semaine sainte et de l’octave de Pasque » datant de M D CC III (1703). En 306 ans, tout est presque pareil...
Sublimité de la Tradition.

    Mon tour approche. Ne pas oublier les deux génuflexions, la première  à  une  faible distance de la table de  communion …la chapelle n’est pas si grande, la seconde  qui va me permettre de m’agenouiller  au niveau de la Sainte Table avant  de baiser la croix offerte  à mon adoration par deux enfants de chœur placés de part et d’autre d’ elle exactement comme le font  les  « tenants » - deux anges- des armes de France.

Veillée pascale
    La bénédiction de l’eau baptismale ou le sourire douloureux de la mère de l’enfant de  chœur.
    Même si les  cérémonies religieuses dont  le rite extraordinaire est  coutumier  sont toutes fortement ritualisées, celles de la veillée pascale  le sont  éminemment ; Ainsi en est-il, notamment, de la bénédiction de l’eau baptismale. Le prêtre  successivement, divise l’eau en forme de croix, touche l’eau de la main, signe les fonts trois fois, répand de l’eau vers  les quatre points cardinaux, souffle  trois fois  sur l’eau en forme de croix, y  plonge  le cierge  symbolisant le Christ dans l’eau avant d’y verser l’huile des catéchumènes et le saint Chrême.
    A toutes ces occasions, les enfants de chœur entourent avec sollicitude le desservant faisant tout  pour lui faciliter sa lourde tâche. C’est à ce moment-là que  , Dieu me le pardonne, j’eus  le regard attiré par le  visage d’une madone d’un jeune femme dont un des fils assurait le service à l’autel en tant qu’enfant de  chœur. Qu ‘elle en fut la mère ne faisait   aucun doute tant  cet enfant  était autant un descendant  qu’une véritable photocopie mutatis mutandis, le cas est assez fréquent. Elle était attentive à ce point à ce  que faisait  son enfant que, pour un peu,on aurait cru qu’elle commençait les  gestes  que  son fils terminait  et  qu’ elle  était  bien proche de s’incliner  dans l’exacte mesure où la  chair de sa  chair  saluait le desservant. Vint le moment  où le  cortége, quittant  l’autel, passa  au  bout  du banc où elle se tenait pour gagner les fonts qui devaient être encensés. Au moment où son fils arriva à sa hauteur, un sourire de fierté passa sur  son visage, sourire  suivi de très prés  par une  crispation, due à un bonheur trop grand, annonciatrice de larmes  probables.
     Ce  furent ses larmes annoncées  qui me ramenèrent à l’autel, à Marie  et  au Christ  lui qui, ne pouvant faire autrement, transperça le cœur de sa mère d’un glaive de douleurs.
                                                                                                                                                                       A.T.

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