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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:15

Ces jours-ci commence, dans les pays d'élevage ovin, la tonte des moutons. Excellente occasion pour parler de la fiscalité française. Or, il circule en ce même moment sur la toile des milieux libéraux, à la fois un document, et, à partir de celui-ci une interrogation, suscitant elle-même une sorte d'inoffensif petit débat.

Le premier est diffusé par un courant interne de l'UMP, appelé la droite libre. Son blogue le présente comme un "club de réflexion libéral-conservateur associé à l'UMP, présidé par Rachid Kaci, conseiller exécutif de l'UMP, conseiller technique à la diversité et la politique de la ville du Président de la République." On ne saurait donc le tenir pour mal intentionné à l'endroit des princes qui nous gouvernent.

Or, dans cet espace de libre expression intervient M. Emmanuel Sala. Il appartient, je crois, à un autre groupe de droite, appelé parti libéral démocrate. Et il écrivait en date du 6 avril 2009 le commentaire suivant que je trouve clair court et pertinent :

On est les champions ! (1)

Ainsi nous y sommes, la France est (triste record) le champion du monde des prélèvements obligatoires !!!

53 % du PIB, (54 % depuis les accords convenus avec les Antilles), sont ainsi prélevés chaque année, compte tenu des taux de prélèvement les plus élevés, tous pays confondus, ce qu'indique le graphique ci-dessous selon le classement 2009 de la pression fiscale établi par Forbes Asia.

En 2009, le budget de l’Etat sera en déficit de plus de 104 milliards d’Euros. Cela signifie que l’Etat dépense chaque année 25 % de plus que ce qu’il perçoit. Rapportés à chaque Français, ces 104 milliards représentent 1 500 euros. Depuis près de 30 ans, aucun budget de l’Etat n’a été équilibré.

A comparer avec la situation de 1980, quand un taux de 20 % faisait de la France un des pays les… moins endettés, et à celle de l'Allemagne d'aujourd'hui, qui, à PIB équivalent, dépense 15 milliards d'euros de moins que nous !

.           

    M. Emmanuel Sala reprend tout simplement un tableau réalisé aux Etats-Unis par Forbes sous la rubrique "Tax Reform and Misery". Ce classement, pas totalement nouveau, tend à montrer en l'occurrence aux Américains que la réforme fiscale imaginée par Obama et ses conseillers risque de rapprocher les Etats-Unis des enfers fiscaux que sont la France, le pire de tous, la Belgique, la Suède, les Pays-Bas, l'Autriche… Eh oui, l'Autriche, citée à tort par ailleurs comme "paradis fiscal" ! Dans ce dernier pays, on rappellera à certains que le secret bancaire demeure la planche ultime de sauvegarde de l'économie individuelle. Dans cette liste, presque ex aequo avec notre Hexagone, on trouve aussi la Chine. Cet immense empire, nominalement communiste, devrait plus exactement être appelé esclavagiste. La clique créée à l'époque de Mao Tsé-toung sous l'appellation de parti communiste chinois ne sert plus qu'au maintien de l'ordre. Cette organisation autoritaire fonctionne au profit d'une sorte de caste politico-militaire ingénieuse. Elle s'intitule encore "armée populaire de libération" mais elle ne recrute pas du tout sur le modèle de la conscription. Servir dans ses rangs fait partie des privilèges réservés aux fils de la nomenclature. Et ce système a inventé le prodigieux marché de la sous-traitance proposée aux industriels et aux distributeurs de l'occident consommateur.

Pourquoi cette digression sur un pays que finalement on serait plutôt porté à aimer sinon pour son régime actuel, du moins pour sa culture millénaire ou sa cuisine ? Tout simplement parce que, au total, son taux d'esclavagisme fiscal ressemble à celui que gèrent nos énarques, 159 contre 167. Avec une différence. Les oligarques chinois pratiquent une ambitieuse politique de développement national : leurs homologues français détruisent au contraire leur pays avec allégresse.

Comment Forbes calcule-t-il ce taux, qui dépasse 165 pour la France contre 156 pour la Belgique, 139 pour l'Italie, 122 pour le Japon 85 aux États-Unis, 77 pour la Russie et 12 pour le Qatar ? M. Jack Anderson l'expliquait aux lecteurs de la revue le 26 mars (2) : il additionne tout simplement, fort honnêtement et légitimement, les pourcentages officiels des différentes taxes et charges.

      Évidemment ce mode de calcul paraît discutable aux yeux des gens très sérieux qui pensent le libéralisme en France. Peut-on additionner arithmétiquement ce qui mathématiquement fonctionne de manière différente ?

      Doit-on accepter s'agissant de structures fédérales comme la Suisse, les États-Unis ou même l'Allemagne, de mettre sur le même plan l'Illinois ou le Delaware ? Voila fait honneur au sens épistémologique de nos amis. Mais, on doit se rappeler aussi que le calcul de Forbes ressemble beaucoup aux modes de raisonnement de l'OCDE ou de l'INSEE que personne ou presque ne remet en cause.

      Le point important me semble le suivant : en additionnant les taux de prélèvements sociaux et fiscaux, sur les entreprises et les personnes, plus quelques impôts mesquins auxquels Forbes n'attache guère d'importance comme les droits de successions, de mutations, de bourse, l'ISF, les taxes locales, professionnelles et autres nuisances, la France fait effectivement fuir ses investisseurs, ses créateurs et ses entrepreneurs, attirant surtout les affamés en quête d'assistanat.

       Débattre sur la manière de comptabiliser, voilà sans doute une estimable préoccupation scientifique.À côté de celle-ci, l'impératif civique consiste selon moi à attirer l'attention de l'opinion populaire sur la part du fiscalisme dans le déclin de la nation française et la paupérisation de ses habitants, un processus allant au rebours du développement. Sortir ce malheureux pays de son enfer fiscal s'impose de façon urgente si l'on entend enrayer la marche de sa tiers-mondisation.

Source. insolent@europelibre.com

 

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