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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 10:44
Monseigneur, Madame,

     C’est un honneur pour le premier magistrat de cette cité de vous recevoir ici, vous qui avez, tout naturellement, choisi le berceau des Capétiens pour célébrer religieusement votre union. C’est ici qu’a été fondée votre dynastie, c’est ici que vous avez scellé l’acte de naissance de votre foyer.
       Il s’agit pour vous, Monseigneur, d’un véritable retour aux sources. Alors que nous sommes plongés dans une actualité parfois tourmentée, notre temps n’est en effet pas sans rappeler cette fin troublée du premier millénaire quand l’archevêque Adalbéron présentait Hugues Capet aux suffrages des Grands de l’époque.
        Cette élection, par la restauration de l’autorité publique, et l’affirmation d’un pouvoir unique et central a marqué la France à tout jamais. L’empirisme organisateur de cette couronne devenue héréditaire a assis durablement notre pays. « Rendre service » est d’ailleurs la devise de la maison de France depuis Robert le Fort, une devise dont vous assurez aujourd’hui encore la pérennité. La France sensée, équilibrée, juste et forte tout à la fois s’est reconnue dans cette famille qui aime son métier (comme vous aimez à le rappeler pour définir la mission qui est la vôtre) et qui a le don de s’instruire par l’expérience. Et, nulle nation mieux que la France ne s’est affirmée comme communauté de destin, gouvernée à l’image d’un foyer par l’Etat le plus naturel qui soit.
Chaque action du passé entre en compte pour l’avenir. Il n’y a, en effet, qu’une Histoire de France. Votre histoire est la nôtre et l’on ne peut rien y soustraire. Nous sommes tous solidaires de ces traditions politiques qui sont la charpente invisible de la France avec comme pierre angulaire les valeurs fondatrices de l’Occident qui sont notre patrimoine génétique commun. Depuis Vercingétorix jusqu’à Charles de Gaulle, en passant par Saint Louis, Henri IV, Louis XIV, notre pays est peuplé de figures qui ont brillamment incarné notre destin national.
       Je me souviens Monseigneur de notre discussion en ces mêmes lieux il y a 5 ans, dans le cadre  de vos rencontres intitulés Gens de France, nous avions échangé (je n’étais à l’époque que Conseiller Municipal), sur la pérennité et la grandeur de  la Maison France et la notion de pouvoir politique incarné par une autorité légitime, rassembleuse et qui s’adresse à tous les Français. Bien que profondément républicain, j’avais été sensible à la devise qui est vôtre « Servir la France » et je l’avais trouvé tout à fait adapté à la mission que vous vous étiez assigné et je dois dire que nous avions eu la même position quant à l’idée et la conception du meilleur régime politique adapté à la vision que nous avions de la grandeur de notre pays.
      En ces jours, vous offrez à nos concitoyens un moment de bonheur partagé dans lequel les Français communient dans l’espérance de ce mariage princier, un peu comme si le cœur des familles de France (de notre pays) battait à l’unisson de celui de la famille de France. Et notre cité pour qui les armes à fleurs de lys peintes à trois feuilles figurent foi, sapience et chevalerie, vertus dans lesquelles s’illustra le royaume de France, Senlis reçoit votre union avec émotion.
     Issu de cette dynastie qui a fait la France, descendant en ligne directe de Saint Louis et d’Henri IV, vous vous situez dans le droit fil de nos traditions politiques depuis Clovis. Et cette filiation vous donne une fierté légitime à la hauteur de votre vocation.
       Officier de cavalerie, vous connaissez dans votre famille (le tribut du sang payé il y a encore si peu par votre oncle mort au champ d’honneur). Vous vous retrouvez dans cet idéal du juste milieu que je ne peux que partager. Je sais, que par votre rang, si vous revendiquez tous les droits, vous assumez aussi toutes les responsabilités et vous en acceptez tous les devoirs. Cette modernité visionnaire va jusqu’à l’attachement à la justice sociale, dont le maire est aussi un garant dans la proximité.
         « Il n’y a pas d’orgueil à être Français, rappelait Bernanos ; ce n’est pas un orgueil, c’est une responsabilité ». Dans ce monde qui approche des étoiles et qui perd parfois l’homme de vue, la France dont vous représentez, Monseigneur, toutes les formes d’être et de savoir, a été, est encore et doit rester la conscience des nations et vous participez patiemment à cette mission de premier plan.
      Le maintien de la mémoire au travers de notre patrimoine ainsi que la défense et l’illustration de la langue française relèvent aussi de votre magistrature naturelle. Mais que serait cette philosophie d’action sans le lien avec le pays réel. Qui mieux qu’un Maire peut comprendre que ce principe de cohésion saura surmonter discordes et déchirements car il puise son élan dans la souveraineté et le dialogue avec les Français.
Car c’est bien cela la grandeur de la France : pouvoir célébrer l’union nationale autour d’un homme, autour d’un nom et incarner une certaine idée grandiose, intemporelle, ambitieuse d’un destin commun, dans lequel les Français se reconnaissent, sans se soucier des régimes, des systèmes. Oui la France est grande lorsqu’elle rassemble, oui la France est belle lorsqu’elle incarne un idéal de grandeur, de beauté et de justice qui lui donne cette dimension universelle.
       Vous l’aurez compris Monseigneur pour moi l’amour de la France se fie des étiquettes, des origines et des systèmes politiques ou institutionnels.

     Permettez- moi Madame, de dire quelques mots vous concernant :
     Madame, par votre double ascendance qui rappelle les reines de France (Anne et Marie-Thérèse d’Autriche), vous incarnez cette alliance européenne qui existait bien avant que les institutions bruxelloises prétendent l’inventer. Votre passion pour la mer vous a poussé à partager le destin de marins-pêcheurs qui survivent, conscients de la fragilité de ce bien commun universel. Votre jeunesse, votre élégance et votre simplicité témoignent de grandes qualités qui j’en suis persuadé vous seront utiles dans votre charge de princesse de France.

     En ce mois de mai, qui est le mois de la Vierge Marie, patronne de la France, nous sommes heureux de voir refleurir, autour de Saint Rieul, les fleurs de lys à l’occasion de vos noces.
       Nos pères ont fait fructifier leurs libertés dans l’unité et dans l’ordre garantis par vos ancêtres, Monseigneur. Gageons que nos fils, quel que soit le régime, continuent de participer à cette communauté de destin qui « dure et se perpétue par les mêmes causes qui font durer l’univers et perpétuent le genre humain » comme le proclamait Bossuet.

     Je suis long, Mesdames, Messieurs, mais c’est un peu de votre faute, Monseigneur, car c’est votre histoire que j’évoque et vous me pardonnerez si je vous ai fait boire ce calice de gloire. Par la grâce de votre union, nous retrouvons le grand souffle de la continuité et de l’unité de la France.

  Daignez recevoir, Madame, Monseigneur, nos sincères félicitations à cette occasion.

     Je vous souhaite au nom de la ville de Senlis un beau mariage et formule tous mes voeux de bonheur pour cette union placée sous le signe bienveillant ici à Senlis ville royale, de votre ancêtre Hugues Capet.

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