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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 22:10
Discours de  M. Bonnichon, Président l’ association "Les Amis de Jehanne - O.C.J.A *."
* Organisation du  Cortège de Jeanne d’Arc.

Allocution du dimanche 10 Mai 2009

      Le 11 Avril 1909, voici 100 ans exactement,  le Cardinal MERRY DEL VAL, par un mandement spécial de sa Sainteté le Pape PIE X, rédigeait un « BREF » de béatification de Jeanne d’Arc.
      C’est donc ce centenaire que nous fêtons « hic et nunc » (ici et maintenant) au pied de la statue équestre de notre héroïne nationale sur la place qui porte son nom.

Que disait ce bref ? Je le cite :
    « Le nom de la Pucelle d’Orléans, cette vierge à jamais glorieuse, objet d’une immortelle renommée, et qui va être inscrit au catalogue des bienheureux, rend un nouveau témoignage à cette divine puissance qui, comme dit Saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens, ‘‘choisit les faibles de ce monde pour confondre les forts’’.
      En effet, en l’an de grâce 1428, les troubles civils et les discordes intestines joints aux horreurs d’une guerre longue et acharnée avec les Anglais avaient amené la France jusqu’aux dernières extrémités du malheur. Il ne restait aux vaincus ni refuge, ni espoir de salut. Alors Dieu, qui a toujours entouré d’un amour particulier cette nation, noble entre toutes, suscita une femme pour, comme le dit la Bible, ‘‘délivrer son peuple et pour se conquérir une gloire immortelle’’. »
    En résumé, la conclusion est la suivante : « La vie toute entière de la magnanime et très pieuse Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans, fut un long prodige. »

      Rappelons que la béatification dont nous fêtons, cette année, le centenaire est la dernière étape vers la canonisation qui a eu lieu effectivement en 1920 par le Pape BENOIT XV.

La canonisation de Jeanne.
    L’intérêt pour son histoire vraie, une véritable épopée, n’a jamais faibli à ORLEANS, la ville qu’elle a délivrée d’un siège par les troupes anglaises qui l’assiégeaient et l’affamaient depuis 6 mois en 1429.
    Toutefois, dans le reste de la France, on avait quelque peu oublié cet épisode de la longue histoire de notre pays.
    C’est au milieu du XIXème siècle que l’intérêt des Français pour l’extraordinaire carrière de notre vierge guerrière fut tiré d’un oubli fatal par ses deux « Jules » Michelet et Quicherat, l’un et l’autre athées et anticléricaux convaincus.
      En particulier, Quicherat, cet admirable érudit, a traduit du latin en français et décrypté, de 1841 à 1849, les deux procès de Jeanne, celui en condamnation de 1431 et celui en réhabilitation de 1456.
Quant à Michelet, il l’a fait entrer dans son « Histoire de France » alors que Bossuet et Fénélon n’avaient pas jugé utile d’en parler.
Chose étonnante, c’est donc à deux historiens anticléricaux notoires et convaincus, Quicherat et Michelet, que l’on doit la canonisation de Jeanne au siècle suivant.

Pour que Jeanne soit déclarée sainte, quelles étaient donc sa foi et sa charité ?
       Car il faut aussi parler de sa foi chrétienne et de sa charité, lesquelles inspirèrent toute sa vocation et sa mission bien attestées par ses voix qui lui disaient « Va, fille de Dieu, va fille au grand cœur… ». Sa relation à Dieu et son attachement à l’Eglise faisaient partie de tout son être et guidaient sa conduite.
C’est pourtant de gens d’Eglise qu’elle eut à souffrir. Mais elle ne confondit jamais l’Eglise de Jésus-Christ avec ses piètres représentants à son procès, lesquels ne cessaient de la harceler de questions pièges sans jamais la prendre en défaut (sauf à l’abjuration, parodie de justice) pour finalement la condamner à la mort, à la mort atroce … que nous savons.

Mais parlons donc aussi de sa volonté de liberté, et de paix.
    Au cours de son procès se révéla la profonde et véritable personnalité de Jeanne d’Arc. Son témoignage : témoignage humain de force d’âme, de sang-froid, de bon sens et de sagacité, témoignage chrétien d’une foi vive et éclairée. Devant ses juges, grands et puissants de l’Église et du monde, cette petite Lorraine se manifesta comme une grande figure de liberté, et ce, sans le secours d’aucun avocat.

      On a trop représenté Jeanne d’Arc en guerrière, admirée alors par les uns, honnie par les autres. C’est bien l’action militaire qui lui permit de réaliser son projet politique. Mais en privilégiant l’aspect guerrier de sa mission, on est conduit à négliger sa préoccupation essentielle de paix, de justice et de liberté pour le peuple, auquel elle appartenait, mais aussi la foi qui l’animait, au plus intime d’elle-même. Répétons ce que disait Michelet : « Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie chez nous est née du cœur d'une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu'elle a donné pour nous ». Et c’est pourquoi nous fêtons aujourd’hui, selon les termes de la loi de 1920, la Fête de Jeanne d’Arc et du Patriotisme.

     A l’origine de son action, les souffrances de sa région de Lorraine, à plusieurs reprises, dévastée et pillée par les Bourguignons. C’est ce qui révoltait son cœur de croyante, soucieuse de la vie des siens. A terme, elle voulait la libération de son pays de la guerre civile entre les Bourguignons et les Armagnacs, ainsi que la fin de l’occupation étrangère des Anglais, afin que le peuple puisse vivre en paix.

     “Je requérais d’abord que l’on fit la paix. Si l’on ne voulait pas faire la paix, j’étais toute prête à combattre” disait Jeanne d’Arc, figure humaine de résistance, prophète d’une spiritualité de la libération contre l’oppression.
On sait ce qu’il en est aujourd’hui de certains procès politiques dans le monde. Jeanne d’Arc a connu cela. La libération de son pays, elle la paya du prix de sa mort sur le bûcher de Rouen.

Le réalisme de sa mission.
En la Pucelle d’Orléans — ainsi l’appelait-on — se trouvaient réunies une personnalité exceptionnelle et une foi tout aussi remarquable : Jeanne héroïne … et sainte, à la fois.

     S’il en était besoin, il faudrait pourtant se départir d’une perception seulement mythique de Jeanne d’Arc : son personnage s’est trouvé au fil des âges auréolé de merveilleux. Mais l’histoire s’avère suffisamment précise : Jeanne est une des figures les mieux connues de notre histoire de France par les textes mêmes de ses procès, pour que nous mettions l’accent sur le réalisme de son action et de sa mort.

     On ne peut pas non plus ignorer sa fragilité de jeune fille, et tout simplement d’être humain. Malgré son grand courage, elle a eu peur d’une mort cruelle par le feu, par exemple au moment de l’abjuration, face à la perfidie. Elle s’est alors trouvée dans une situation sans solution, solution autre que celle du sacrifice d’elle-même afin de rester fidèle à ses convictions et à sa mission, qu’elle savait inspirées de l’Esprit Saint. Cette fragilité nous la rend plus humaine et plus proche de nos jours, malgré le temps qui passe.
   
    Notre société a besoin de femmes et d’hommes de cœur et de caractère. Nous croyons que Dieu inspire toujours à l’homme, si ce dernier écoute Sa voix, les sentiments les plus nobles et les plus courageux.


     Et, comme disait Malraux, « toi, Jeanne, qui a donné au monde la seule figure de victoire qui soit une figure de pitié *», autrement dit, en langage simple, toi Jeanne, qui n’étais animée que par l’amour vrai et non par un vain désir de gloire, fais nous entendre ton message d’espérance et de paix universelle pour notre temps !

      Sachons écouter ce message, le mettre en pratique, et, comme le Pape, à Rome, le proclamer « Urbi et orbi ».

Gilbert BONNICHON,
en l’an de grâce MMIX.

* le 31mai 1964 à Rouen .

Origine : O.C.J.A. : BP n°1 – LILLE SAINT MARTIN – 59009  Lille Cedex
E-mail : lesamisdejehanne@free.fr

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