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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 15:19
BREF DE LA BÉATIFICATION DE JEANNE D'ARC PIE X,PAPE POUR PERPÉTUELLE MÉMOIRE.
    
  Le nom de la Pucelle d'Orléans, cette vierge à jamais glorieuse, objet d'une immortelle renommée, et qui va être inscrit au catalogue des bienheureux, rend un nouveau témoignage à cette divine puissance « qui choisit les faibles de ce monde pour confondre les forts ». (I. Cor., I, 22.)
       En effet, en l'an de grâce 1428, les troubles civils et les discordes intestines joints aux horreurs d'une guerre longue et acharnée avec les Anglais avaient amené la France jusqu'aux dernières extrémités du malheur. Il ne restait aux vaincus ni refuge, ni espoir de salut. Alors, Dieu, qui a toujours entouré d'un amour particulier cette nation, noble entre toutes, suscita une femme « pour délivrer son peuple et pour se conquérir une gloire immortelle ». (I Mach., vi, 44.)
     La vie tout entière de la magnanime et très pieuse Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, fut un long prodige.
     Née au bourg de Domremy, dans le diocèse de Toul, tout près d'un bois obscur, jadis consacré à la superstition druidique, Jeanne s'occupait à paître les brebis paternelles. Mais là, dans le vaste horizon de la vallée étalée sous ses yeux, l'ignorante et pauvre villageoise, qui achevait à peine sa quinzième année, élevait son âme vers Celui qui orna les montagnes et les forêts, les champs et les buissons d'une beauté qui dépasse de beaucoup et les splendeurs les plus magnifiques, et le faste de la pourpre royale.
L'enfant, ignorante du monde, n'avait d'autre souci que de charger de bouquets l'autel rustique de la Vierge, et le bruit d'une si grande guerre était à peine parvenu à ses oreilles.
     Cependant le siège d'Orléans menaçait d'une ruine imminente et la ville assiégée, et la fortune du roi Charles VII. Déjà, en effet, les plus belles provinces françaises étaient tombées au pouvoir de l'invasion anglaise. C'est dans ces tristes conjonctures que Jeanne, occupée à ses travaux habituels dans le verger de son père, entendit la voix de Michel, prince de la milice céleste, telle qu'elle se fit entendre jadis à Judas Machabée : « Reçois des mains de Dieu le glaive sacré pour abattre les ennemis de mon peuple d'Israël. » (II Mach., xv, 46.) C'était, pour cette fille de paix, une invitation à la guerre. Surprise d'abord, la vierge timide, après de nouveaux avertissements du ciel et poussée par un souffle divin, n'hésita pas à laisser sa boulette pour l'épée et le chalumeau rustique pour la trompette guerrière. Ni la piété filiale, ni les périls d'un long voyage ne purent la détourner de sa mission divine. Dans son simple mais sublime langage, elle tient tête aux puissants et se fait amener au roi : retards, rebuts, défiances, elle triomphe de tout. Elle manifeste au roi Charles VII le message qu'elle croit lui avoir été confié par Dieu, et assurée des indications du ciel, elle promet de délivrer Orléans.
        C'est alors que Dieu, « qui rend le courage à ceux qui n'en ont plus et décuple la force des faibles » (Is., XL, 10), dota cette pauvre villageoise, qui ne savait même pas ses lettres, de cette sagesse, de cette doctrine, de cette habileté militaire, et même de cette connaissance des choses cachées et divines qui ne pouvaient laisser de doute à personne que le salut du peuple fût en elle. De toutes parts, la foule accourt en masse, les soldats habitués à la guerre, les nobles, les généraux, remplis d'un renouveau d'espoir, se mettent, en l'acclamant, à la suite de la jeune fille.
Montée sur un cheval blanc, son corps virginal chargé d'armes guerrières, ceinte d'une épée et portant un étendard blanc semé de lys d'or, elle se précipite, sans peur, sur les Anglais enorgueillis de leurs victoires répétées. Après une lutte glorieuse, aidée de l'assistance de Dieu, elle répand la terreur parmi les troupes ennemies qui sont repoussées et dispersées et, le mai 1429, elle leur fait lever le siège d'Orléans.
       Avant de donner l'assaut aux bastilles anglaises, Jeanne exhortait ses soldats à l'espoir en Dieu, à l'amour de la patrie et à l'observance des commandements de la sainte Eglise. Aussi innocente que lorsqu'elle gardait ses troupeaux, et en même temps courageuse comme une héroïne, elle était terrible aux ennemis, mais elle pouvait à peine retenir ses larmes en voyant les mourants. Pure de tout sang versé et immaculée au milieu du carnage et de la licence des camps, elle était la première au combat, mais ne frappait personne de l'épée.
        Alors apparut vraiment ce dont la foi est capable. Le peuple reprend aussitôt un nouveau courage ; l'amour de la patrie et la piété envers Dieu renouvelés redoublent ses forces pour les grandes actions. Sans être vaincue par les plus grandes difficultés, la jeune fille harasse les Anglais par de multiples engagements et, enfin, elle défait et repousse leur armée dans un combat célèbre auprès de Patay.
       Alors, dans une marche triomphale, elle conduit son roi Charles VII à Reims pour y être oint, selon le rite du sacre royal, dans ce temple où Clovis, le premier roi des Francs, purifié par saint Remi, dans les eaux du baptême, avait posé les fondements de la nation française. Ainsi furent vaincus, avec l'aide du ciel, les ennemis du nom français, et Jeanne d'Arc, ayant miraculeusement sauvé sa patrie, avait terminé sa mission.
      Humble de cœur, elle ne souhaitait que de retourner à son bercail et à sa pauvre demeure ; mais, déjà mûre pour le ciel, elle ne devait pas être exaucée.
    Quelque temps après, en effet, elle est faite prisonnière dans un combat par l'ennemi, furieux d'avoir été vaincu par une enfant. Elle est jetée dans les fers. Après diverses persécutions et une captivité rigoureuse dans le camp ennemi, elle est, au bout de six mois, condamnée à Rouen, comme une victime d'expiation pour la rançon de la France. Admirablement forte et pieuse jusque dans l'épreuve suprême, elle pria Dieu de pardonner à ses bourreaux et de sauver la patrie et le roi. Conduite sur le bûcher, enveloppée déjà par les flammes dévorantes, elle demeura les yeux fixés au ciel et ses derniers mots furent les noms sacrés et doux de Jésus et de Marie. Ainsi la vierge illustre conquit la palme immortelle. Mais la renommée de sa sainteté et la mémoire de ses exploits sont demeurées dans la bouche des hommes, surtout dans la ville d'Orléans, jusqu'aux fêtes de commémoration séculaire, récemment célébrées en son honneur, et elles vivront toujours dans l'avenir, renouvelées par une louange nouvelle. En effet, ce qui a été dit à la gloire de Judith semble devoir lui être appliqué à aussi juste titre : « Parmi toutes les nations qui auront entendu ton nom, le Dieu d'Israël sera glorifié à cause de toi. » (Jud., xiii, 31.)
      Mais ce n'est que dans les temps présents qu'il a été donné à la Sacrée Congrégation des Rites de commencer à s'occuper de la cause de la béatification de Jeanne d'Arc. Et ce fut vraiment fort à propos. A cette époque où l'univers catholique est désolé par tant et de si grands malheurs, où tant d'ennemis du nom chrétien se targuent de fonder l'amour de la patrie sur les ruines civiles et religieuses, il Nous plaît de célébrer les glorieux exemples de l'héroïque vierge, afin qu'ils se rappellent qu' « agir et souffrir avec courage est le propre du chrétien ». Nous avons l'espérance presque certaine que la Vénérable Servante de Dieu, qui va être comptée au nombre des Bienheureux, obtiendra à sa patrie, dont elle a si bien mérité, la vigueur de sa foi antique, et à l'Eglise catholique, dont elle fut toujours l'enfant soumise, la consolation de voir lui revenir tant de ses fils égarés. C'est pourquoi, une année après le décret du 6 janvier 1904, toutes preuves juridiquement constatées et régulièrement examinées, Nous avons déclaré par un décret solennel que les vertus de la Vénérable Servante de Dieu, Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, avaient atteint l'héroïcité.
   Ensuite eut lieu le procès relatif aux miracles attribués à son intercession. Toutes les formalités de droit ayant été remplies, Nous, par un décret en date du 13 décembre 1908, avons déclaré, en vertu de Notre Suprême Autorité Apostolique, que trois miracles étaient certains.
         Après avoir porté un jugement sur les vertus et les trois miracles, il restait à examiner si la Vénérable Servante de Dieu pouvait être comptée parmi les Bienheureux.
      Notre cher fils le cardinal Dominique Ferrata, rapporteur de la cause, porta la question à l'Assemblée générale tenue devant Nous au Vatican le 12 janvier de l'année courante. Tous, aussi bien les Cardinaux de la Sacrée Congrégation des Rites que les consulteurs présents, répondirent à l'unanimité pour l'affirmative.
    Pour Nous, dans une conjoncture aussi grave, Nous Nous abstînmes de faire connaître Notre sentiment, et Nous remîmes Notre jugement suprême à un autre jour, afin de consulter auparavant la lumière divine par de ferventes prières. Enfin, après l'avoir fait avec de vives instances, le 24 janvier de cette année, en la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, ayant offert le Saint Sacrifice de la Messe en présence du cardinal Séraphin Cretoni, préfet de la Sacrée Congrégation des Rites, de Notre cher fils le cardinal Dominique Ferrata, rapporteur de la cause, de Notre Vénérable Frère Diomède Panici, archevêque titulaire de Laodicée, secrétaire de la même Congrégation des Rites, et du R. P. Alexandre Verde, promoteur de la Foi, Nous avons solennellement déclaré qu'on pouvait procéder sûrement à la béatification de la Vénérable Servante de Dieu, Jeanne d'Arc.
     Ainsi donc, touché des prières et des vœux des Evêques de la France entière et d'autres pays, par ces présentes, en vertu de Notre Autorité Apostolique, Nous permettons d'appeler à l'avenir du nom de Bienheureuse la Vénérable Servante de Dieu, Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, et de décorer ses images d'une auréole. De plus, en vertu de Notre même Autorité, Nous permettons que son office soit récité et sa messe célébrée chaque année, selon le commun des vierges, avec les oraisons propres approuvées par Nous.

Donné le 11 avril 1909.
     Que la Vénérable Servante de Dieu Jeanne d'Arc, vierge, dite la Pucelle d'Orléans, soit appelée Bienheureuse.

Par mandement spécial de sa Sainteté.
Card. MERRY Del VAL.

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