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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 08:24
La Nouvelle Athènes
   Le nom de "Nouvelle Athènes" a été donné par Dureau de la Malle (le 18 octobre 1823) journaliste au Journal des Débats, à un lotissement entrepris au début du XIX ème siècle sur les pentes du quartier Saint-Georges, dans l'ancien quartier des Porcherons, quartier des guinguettes et de cabarets au milieu des champs et des vergers. Ce nom fait référence à la grécomanie ambiante.

    Le déclenchement de la guerre d'Indépendance grecque en 1821 a certainement mis la Grèce à la mode en France et contribué à l'adoption du nom de la Nouvelle Athènes. La formation et la culture des architectes qui ont construit les hôtels de la rue de la Tour-des-Dames justifie aussi l'appellation Nouvelle Athènes.
C'est dans cet ensemble homogène d'immeubles bâtis entre 1820 et 1850 que choisit de vivre un grand nombre d'écrivains, d'acteurs, de musiciens et de peintres qui formèrent l'élite du mouvement romantique parisien.

Artistes et écrivains
   Ary Scheffer vint en 1830 s'installer rue Chaptal.
   "On y accédait par une avenue qui conduisait à une cour entourée de deux ateliers, d'une écurie et d'une remise. Au centre, la maison d'habitation ombragée d'un cèdre ; deux petits jardins égayaient l'ensemble".(M. Kolb, Ary Scheffer et son temps, 1937, p.143)
   "Ces lieux qui, grâce à la piété des descendants de l'artiste, ont été préservés jusqu'à nos jours, virent au temps des frères Scheffer passer de nombreux écrivains, hommes politiques et artistes, Ingres, Lammenais, Chopin, Guizot, par exemple. L'atelier servit aussi de refuge aux républicains poursuivis"...(Catalogue de l'exposition, E. Renan, Paris, B.N, 1974)
(NDLRB. 502 éme article de ce blog. LETTRE DU MUSEE DE LA VIE ROMANTIQUE (Maison Ary Scheffer). Paris, le 12 juin 2009.
http://charte.de.fontevrault.over-blog.com/article-32550658.html
      Eugène Delacroix établit son atelier et son appartement, de 1844 à 1857, au n°58 rue Notre-Dame-de-Lorette. La maison n'avait alors que la largeur de la porte d'entrée et était disposée en équerre sur les deux côtés de la cour. Delacroix n'était pas installé depuis quatre ans que naissait Paul Gauguin dans la maison voisine (n°56) dont l'intéressante façade Louis-Philippe est décorée, comme beaucoup d'autres immeubles de la rue, de ces barres d'appui de fonte aux motifs recherchés, si caractéristiques de la Monarchie de Juillet.
      Le n°54 célèbre dans la pierre les amants légendaires, Héloïse et Abélard, dont la mode médiévale et le "tombeau" du Père-Lachaise avaient diffusée les portraits imaginaires. On les retrouve, en fonte, dans les médaillons de la porte du n°49, où vécut Pissaro en 1856.
      Au n°17 de la rue Pigalle, le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle (1714 -1785) habita de 1756 à 1782.
      En 1813, Théodore Géricault (1791-1824) quitta la rue de la Michodière et vint s'installer au 21 rue des Martyrs, non loin de l'atelier d'Horace Vernet, dans une maison où habitèrent de 1824 à 1827 le chansonnier et poète Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) et l'ancien député républicain Manuel (1775-1827).
      Le peintre de marines, Eugène Isabey (1803-1886), hanta véritablement le quartier ; il séjourna successivement rue de La Rochefoucault, rue Saint-Lazare, rue Bréda (actuellement rue Henri-Monnier) et avenue Frochot.

Hôtels particuliers
      Les hôtels de la rue de la Tour-des-Dames sont des exemples remarquables de l'architecture néo-classique parisienne. Ils furent construits par des architectes formés par l'Ecole des Beaux-Arts à l'imitation des formes antiques et des modèles de la Renaissance.
      C'est ici le véritable cœur de la Nouvelle Athènes, ainsi baptisée par Dureau, sans doute par référence, à l'architecture "antiquisante" de ses hôtels ou à la communauté d'artistes prestigieux qui s'y étaient installés.
     Dès 1820, Talma s'y fit construire par Charles Lelong l'hôtel du n°9, dont Delacroix décora la salle à manger. Adulé des foules le grand tragédien travaillait ses rôles face à des miroirs, dans une pièce du jardin.
    Tragédienne également, Melle Duchesnois vivait plus discrètement depuis 1822 dans son hôtel du n°3, dont la façade cintrée due à l'architecte Constantin, élève de Percier et Fontaine, détermine sur la rue comme une cour d'honneur miniature.
    Sa voisine et amie du n°1, la célèbre comédienne Melle Mars, était alors au sommet d'une carrière qui lui permettait, à plus de quarante-cinq ans, de briller dans des rôles de jeunes femmes. Elle avait du goût et de l'argent : l'hôtel construit par Constantin en 1820 et qu'elle fit dès 1824 modifier par Visconti fut le théâtre de fêtes fastueuses.
     Au n°27 de la place Saint Georges, le premier hôtel construit en 1824, fut celui de Mme Dosne, l'épouse du spéculateur immobilier à la tête de la Compagnie Saint-Georges qui réalisa le lotissement. Mme Dosne, qui devint pour Thiers une amie et un soutien, céda en 1833 au "au petit grand homme", déjà académicien et ministre, son hôtel et la main de sa fille.
    Propriété de l'Institut de France, l'hôtel abrite maintenant au rez-de-chaussée la collection de Frédéric Masson consacrée à Napoléon et à l'Empire et, au premier étage, celle de Thiers et sa Bibliothèque de 80 000 volumes.
      En face, les paisibles immeubles fin de siècle ne peuvent que pâlir devant l'étourdissant pastiche gothico-renaissance du n°28 qui fit déjà sensation à l'époque de sa construction, en 1840. L'architecte Renaud avait sans doute cherché à compenser l'étroitesse de la façade par la recherche architecturale et la richesse décorative.

Origine.

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