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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 07:42
    Voici un texte que j'ai écrit voici environ cinq ans déjà. Je le ressorts pour VR (Vexilla regis) à la suite des évènements de Villiers-le-Bel.

Paul T.
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( ce texte n'est pas un reportage mais une fiction déjà ancienne).

    Les trois morts parmi les policiers qui ce soir-là tentaient de rétablir l’ordre dans un quartier réputé défavorisé où une émeute s’étaitinstallée, firent déborder un vase déjà copieusement rempli par des caillassages, des bombardements à coup de boules de pétanque et d’incendies de voitures, endurés, soir après soir, depuis plusieurs semaines. Jusque là, malgré que des tirs à l’arme de guerre aient été essuyés, les consignes de sang-froid et de vigilance des officiers avaient été bien observées par les hommes casqués. Mais quoi, trop c’est trop et voir leurs compagnons étendus sanglants sur le bitume par une grenade lâchée d’un balcon avait fait oublier la prudence. Dix, peut-être vingt chargèrent en direction d’un groupe qui s’abritait derrière une camionnette garée en contrebas. Il y eut une mêlée, on entendit des cris, des ordres de rappel hurlés en vain, des bruits de chocs, le commando spontané reçut du renfort, les assaillants se firent plus nombreux mais le professionnalisme des militaires prévalut et sur le terrain déserté par un repli il ne resta que deux corps, gisants inanimés sur le carreau Une stupeur s’installa qui ne dura pas, vite changée en révolte, car à peine les ambulances parties, toutes sirènes hurlantes, la rumeur de la mort de deux émeutiers se répandit. Tout autour de la ville ce fut l’embrasement, il fallut appeler des renforts, au matin l’armée pris possession du terrain et on apprit que le téléphone avait déclenché une cascade de troubles graves dans plusieurs grandes villes parmi lesquelles Toulouse, Lyon, Roubaix, Strasbourg et Nantes.

   C’était le début d’une guerre souvent crainte, parfois annoncée et
toujours contenue, jusqu’à ces heures tragiques. Elle se répandit dans partout, l’armée rappelée en hâte dut prendre les choses en mains et les morts se comptèrent par dizaines puis par centaines dans les deux camps. L’horreur s'installait partout.

  Des masses de gens habituellement silencieux furent rassemblées par des mots d’ordres venus d’on ne sait où et s’agglutinèrent aux grilles des préfectures et à Paris à celles de l’assemblée nationale que des gardes acquis aux manifestants ne défendaient plus que mollement. Que voulaient ces gens sans banderoles, sans porte-voix, sans aucun de ces outils qui surgissent d’habitude dans les manifestations revendicatives officielles. Ils voulaient que le président parte, que le premier ministre parte, que ses ministres partent, que tout ce qui était élu parte. Nous n’en pouvons plus des politiciens était le mot qui cimentait les foules. Tout le monde dehors, nous ne voulons plus de vous, nous ne voulons plus de cette cinquième république usée jusqu’a la corde, nous voulons des hommes neufs courageux , honnêtes et avisés .

  La pression était si forte qu'en une semaine, le président dut dissoudre l’assemblée avant de démissionner et le président du Sénat devint le seul maître à bord en compagnie d’une poignée de ministres restés-là on ne sait pourquoi alors que la plupart de leurs collègues avaient disparus, "pour consulter leurs bases dans leurs circonscriptions" ,comme la quasi totalité des députés. Le pauvre président intérimaire essaya de bâtir un gouvernement avec ce qui restait mais sa tentative réanima la bronca et il fallu bien se résoudre à admettre que le peuple ne voulait plus revoir en haut de l'affiche les noms de gens qui depuis tant d'années avaient amené le pays, non pas au bord, mais bien au creux du précipice.

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Published by Charte de Fontevrault - dans CARTE BLANCHE
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