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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 12:30
 Philippe VIII (1894-1926) - Le Roi qui a manqué à la France

--> Il aurait été là, la France aurait été prête pour la guerre et aurait su faire la paix.
"Mourir pour la patrie, c'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie", ces mots célèbres, prononcés, dit-on, par Roland à Roncevaux et repris sous la plume d'Alexandre Dumas par les Girondins dans Le Chevalier de Maison-Rouge, auraient pu constituer la devise du Duc d’Orléans, de jure* Philippe VIII, chef de la Maison de France pendant la Grande Guerre. Paradoxal ? Non, si l’on regarde attentivement la destinée de ce prince méconnu.

DE JURE
 
Qualifie une situation qui résulte de l'application de règles de droit  même  sil n'y a pas  coïncidence avec une situation en fait. Ainsi le comte de Chambord, par exemple, fut -il roi de France  de  jure  à partir  de 1844, date  de la mort de son oncle, Louis XIX, même  s'il n'a jamais régné de facto

Né en exil à Twickenham, (Royaume-uni)  le 6 février 1869, Louis-Philippe-Robert d’Orléans a deux ans et demi lorsqu’il arrive en France. Par sa mère Marie-Isabelle, fille du duc de Montpensier et nièce de la reine Isabelle II, il descend des Bourbon d’Espagne ; par son père le comte de Paris, il est un Bourbon-Orléans. Elevé au château d’Eu, en Normandie, il devient très tôt passionné de chasse, féru de botanique et de zoologie, amoureux de la vie au grand air.
 
     Sa vocation se dessine vite : il servira dans l’armée française.
 
   En juin 1886, le jeune duc d’Orléans prépare Saint-Cyr au collège Stanislas à Paris, lorsqu’il voit son rêve le plus cher se briser : la nouvelle loi d’exil l’oblige à quitter immédiatement la France. En Angleterre, il entre à l’école militaire de Sandhurst. Premier en athlétisme, à sa sortie, il aura cette appréciation du commandant : « Le plus intrépide lutteur, le plus infatigable marcheur et le plus déterminé nageur de toute l’école pratique. »
 
   Nommé sous-lieutenant dans l’armée britannique, le jeune prince demande « un poste détaché de chasseurs à pied dans l’Himalaya (sic) ». Puis, avec son cousin germain Henri, fils du duc de Chartres, il fait « une expédition de chasse et d’exploration au Népal ».
 
   Suivront des cours à l’Académie militaire suisse, mais tout cela lui paraît bien insuffisant. En secret de son père et de son mentor, le colonel Parseval, il prépare un coup d’éclat.
 
   Le 6 février 1890, jour de ses vingt-et-un ans, le duc d’Orléans quitte Lausanne pour Genève en compagnie du duc de Luynes, son camarade de collège. Un train de nuit les conduit à Paris et, le lendemain, il se présente au bureau de recrutement de la rue Saint-Dominique. A défaut d’être officier dans l’armée française, il veut « se faire inscrire sur la liste des conscrits ». L’aventure se terminera à la maison centrale de Clairvaux. Les autorités, devant la ruée de royalistes venus féliciter le prince de son attitude, ne peuvent qu’appliquer la loi.
 
     A tout moment, Philippe clame son patriotisme. Il aura même cette phrase sans équivoque : « La prison est moins dure que l’exil… Car la prison, c’est encore la terre de France ». Et, lorsqu’on lui reproche de faire venir ses repas de l’extérieur, il répond : « Je ne demande que la gamelle ». Le surnom de prince Gamelle lui restera, mais de cette aventure est inscrit tout son caractère. Rendu à la liberté, il se partage maintenant entre les femmes et les voyages, ne supportant ni l’idée d’être marié à sa cousine Marguerite, fille du duc de Chartres, ni de rester inactif entre son père et sa mère.
 
     La mort du comte de Paris (NDLRB. "Philippe VII") en 1894 fait du duc d’Orléans un Prétendant de vingt-cinq-ans. De plus en plus, l’exil est pour lui une souffrance. Sur ses yachts successifs, il recrée une parcelle de terre de France. Bientôt, il convolera avec une cousine, l’archiduchesse Marie-Dorothée d’Autriche de la branche des Palatins de Hongrie, mais leur mésentente sera une déception supplémentaire.
 
    Ses nombreux voyages dans les contrées peu explorées n’empêchent pas Philippe VIII d’assumer pleinement son rôle politique. Au tournant du siècle, il se lie avec Charles Maurras. Grâce à ces deux hommes quasiment du même âge et de mêmes idées, le royalisme va prendre un nouveau départ, un véritable coup de jeunesse. Et lorsqu’arrive la guerre, le duc d’Orléans tente de servir sous les drapeaux français. Ni son pays, -même dans la Légion étrangère – ni aucune des nations alliées, n’acceptent qu’il combatte dans leurs rangs. A Maurras, il écrit son désespoir, d’autant qu’un second coup est venu l’atteindre. La duchesse d’Orléans a refusé de quitter sa Hongrie natale pour le suivre en Angleterre, restant dans le camp ennemi.
 
    Désormais, le duc d’Orléans, seul, sans enfants, se consacre tout entier aux blessés qui remplissent les hôpitaux britanniques. Ainsi se trouve-t-il jour après jour, devant l’affreuse réalité du conflit. Pourtant, en février 1919, il écrira à son ami, le sculpteur Maxime Real del Sarte : « …si l’armistice est dénoncé, si la guerre se réveille, je demande instamment à M. Clemenceau de ne pas mettre d’opposition aux nouvelles démarches que je pourrai faire pour aller rejoindre les armées et me battre pour la France. »
 
    Réaction d’un homme privé de son droit le plus élémentaire, cette déclaration ne doit pas nous faire croire que Philippe VIII n’était pas aussi un homme de paix. Nul doute que, s’il avait régné en 1917, il aurait cherché dans l’honneur national à stopper l’hémorragie de jeunes Français et à établir une entente européenne durable avec les autres monarques.
 
    Que reste-t-il aujourd’hui de ce prince qui porta haut la lutte pour la liberté, la sécurité et l’avenir de sa patrie ? Des collections cynégétiques. De bien modestes souvenirs au regard d’une personnalité qui reste à découvrir.
 
Dominique Paoli
(Paru dans Politique Magazine de novembre 2004)

Origine.
 -le-roi-qui-a-manque

TITULATURES REVENDIQUEES PAR LA MAISON de BOURBON-ORLEANS » (à partir de 1883)

Philippe VII  1883-1894
Louis-Philippe d'Orléans
Comte de Paris (1838-1894)
Prince royal de France (1842-1848)

Philippe VIII  1894-1926
Louis-Philippe d'Orléans
« Duc d'Orléans » (1869-1926)
Fils du précédent

Jean III (1926-1940)
Jean d'Orléans (1899-1940)
« Duc de Guise »
Cousin germain du précédent


S'agissant  de la place de Philippe VIII dans sa ligne de succession.
Le  rappel ci-dessous est extrait de :
 -le-roi-qui-a-manque

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