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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 08:16
 Aussi soigneusement occulté de la collection des “Belles images de la Révolution” que le reste de “l’épopée”, voici les massacres de septembre 1792.

            Du 2 au 7 septembre à Paris  surtout, mais aussi à Meaux, Versailles, Reims, Lyon, Caen,  Marseille, Toulon, Aix, Sedan... 2000 à 3000 personnes (Aristocrates certes * mais aussi prêtres, gens du Tiers,   sans oublier les prostituées de la Salpétrière et les galériens du collège des Bernardins...)  furent massacrées souvent par des gens que certaines sources ont dit payés - 6 francs par jour- et abreuvés pour ça.

*Que l’on pense seulement  à la passion de la princesse de Lamballe, devêtue, égorgée, eviscerée, décapitée, dépecée à la prison de la Grande Force

    A Paris les massacrés se repartissent en:

     - prisonniers de droit commun, 72 %

     - prêtres, 17 %

     -  Gardes et Suisses, 6%

      - Politiques: 5 %

      Le pire est  sans doute .que ces massacres   ne  furent pas  spontanés  mais ,au contraire, organisés. Les massacreurs  reçurent une  rémunération pour leurs « hauts  faits ». Sur les  débats   qui entourèrent le calcul de leur  rémunération, cf l’ouvrage  de Pierre Bessand-Massenet  cité  immédiatement infra:

*Pierre Bessand-Massenet. les Français et la Révolution . De Robespierre à Bonaparte. Éditions de Fallois 2002  p. 20.

 

0rigine. Charte de Fontevrault. "Les Ombres de la révolution".

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commentaires

alain TEXIER 07/09/2009 19:54

Merci de ce long et douloureux témoignage qui ne me parait pas, par ailleurs, pas encourageant concernant les possibilités d'amélioration de l'espèce humaine.

A.T.

Gaudin 02/09/2009 22:56

Suite...

Nos mots vont jusqu'aux instincts et les touchent parfois, mais en même temps, nous avons appris que là s'arrêtait, et pour toujours, notre pouvoir.

Notre Coupeau à nous ne boit plus tout à fait autant que le premier. Il a reçu de l'instruction... Il délire bien davantage. Son délirium est un bureau standard avec treize téléphones. Il donne ses ordres au monde. Il n'aime pas les dames. Il est brave aussi. On le décore à tour de bras. Dans le jeu de l'Homme, l'Instinct de mort, l'Instinct silencieux est décidément bien placé, peut-être à côté de l'égoïsme. Il tient la place du zéro dans la roulette. Le Casino gagne toujours. La mort aussi. La loi des grands nombres travaille pour elle. C'est une loi sans défaut. Tout ce que nous entreprenons, d'une manière ou d'une autre, très tôt, vient buter contre elle et tourne à la haine, au sinistre, au ridicule. Il faudrait être doué d'une manière bien bizarre pour parler d'autre chose que de mort en des temps où sur terre, sur les eaux, dans les airs, au présent, dans l'avenir, il n'est question que de cela. Je sais qu'on peut encore aller danser musette au cimetière et parler d'amour aux abattoirs, l'auteur comique garde ses chances, mais c'est un pis aller.

Quand nous serons devenus moraux tout à fait au sens où nos civilisations l'entendent et le désirent et bientôt l'exigeront, je crois que nous finirons par éclater tout à fait aussi de méchanceté. On ne nous aura laissé pour nous distraire que l'instinct de destruction. C'est lui qu'on cultive dès l'école et qu'on entretient tout au long de ce qu'on intitule encore: la vie. Neuf lignes de crimes, une d'ennui. Nous périrons tous en choeur, avec plaisir en somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siècles à barbeler de contraintes et d'angoisses.

Il n'est peut-être que temps en somme de rendre un suprême hommage à Emile Zola à la veille d'une immense déroute, une autre. Il n'est plus question de l'imiter ou de le suivre. Nous n'avons évidemment ni le don, ni la force, ni la foi qui créent les grands mouvements d'âme. Aurait-il de son côté la force de nous juger ? Nous avons appris sur les âmes, depuis qu'il est parti, de drôles de choses.

La rue des Hommes est à sens unique, la mort tient tous les cafés, c'est la belote "au sang" qui nous attire et nous garde.

L'oeuvre de Zola ressemble pour nous par certains côtés à l'oeuvre de Pasteur si solide, si vivante encore, en deux ou trois points essentiels. Chez ces deux hommes, transposés, nous retrouvons la même technique méticuleuse de création, le même souci de probité expérimentale et surtout le même formidable pouvoir de démonstration chez Zola devenu épique. Ce serait beaucoup trop pour notre époque. Il fallait beaucoup de libéralisme pour supporter l'affaire Dreyfus. Nous sommes loin de ces temps, malgré tout, académiques.

Selon certaines traditions, je devrais peut-être terminer mon petit travail sur un ton de bonne volonté, d'optimisme malgré tout... Or que devons-nous espérer du naturalisme dans les conditions où nous nous trouvons ? Tout et Rien. Plutôt rien, car les conflits spirituels agacent de trop près la masse de nos jours pour être tolérés longtemps. Le Doute est en train de disparaître de ce monde. On le tue en même temps que les hommes qui doutent. C'est plus sûr.

"Quand j'entends seulement prononcer autour de moi le mot Esprit, je crache !" nous prévenait un dictateur récent et pour cela même adulé. On se demande ce qu'il peut faire ce sous-gorille quand on lui parle du naturalisme ?

Depuis Zola, le cauchemar qui entourait l'homme non seulement s'est précisé, mais il est devenu officiel. A mesure que nos "Dieux" deviennent plus puissants ils deviennent aussi plus féroces, plus jaloux et plus bêtes... Ils s'organisent. Que leur dire ? On ne se comprend plus...

L'Ecole naturaliste aura fait tout son devoir, je crois, au moment où on l'interdira dans tous les pays du monde.

C'était son destin.

L.F. Céline

Gaudin 02/09/2009 10:16

Permettez-moi de citer Céline.

CELINE: Hommage à Zola (1933)Retour à SOLUS

Louis-Ferdinand Céline

Hommage à Zola


Cédant aux instances d'un ami très cher, L. F. Céline fit en 1933 un discours
public, le seul de sa carrière littéraire. C'était à Médan, un jour d'été. On
demandait à l'auteur du Voyage au bout de la nuit de rendre hommage à Zola.
L.-F. Céline, en définissant l'oeuvre de l'écrivain naturaliste, dépeignait
l'époque où elle fut écrite, et cela l'amena à parler de la condition de
l'écrivain d'après guerre. Ces pages, en quelque sorte un commentaire avant la
lettre de Mort à crédit furent publiées en 1936 par Robert Denoël dans sa
plaquette "Apologie de Mort à crédit."


Les hommes sont des mystiques de la mort dont il faut se méfier.
En pensant à Zola nous demeurons un peu gêné devant son oeuvre, il est trop près
de nous encore pour que nous le jugions bien, je veux dire dans ses intentions.
Il nous parle de choses qui nous sont familières... Il nous serait bien agréable
qu'elles aient un peu changé.
Qu'on nous permette un petit souvenir personnel. A l'Exposition de 1900, nous
étions encore bien jeune, mais nous avons gardé le souvenir quand même bien
vivace, que c'était une énorme brutalité. Des pieds surtout, des pieds partout
et des poussières en nuages si épais qu'on pouvait les toucher. Des gens
interminables défilant, pilonnant, écrasant l'Exposition, et puis ce trottoir
roulant qui grinçait jusqu'à la galerie des machines, pleine, pour la première
fois de métaux en torture, de menaces colossales, de catastrophes en suspens. La
vie moderne commençait.
Depuis on n'a pas fait mieux. Depuis l'Assommoir non plus on n'a pas fait mieux.
Les choses en sont restées là avec quelques variantes. Avait-il, Zola, travaillé
trop bien pour ses successeurs ? Ou bien les nouveaux venus ont-ils eu peur du
naturalisme ? Peut-être...
Aujourd'hui, le naturalisme de Zola, avec les moyens que nous possédons pour
nous renseigner, devient presque impossible. On ne sortirait pas de prison si on
racontait la vie telle qu'on la sait, à commencer par la sienne. Je veux dire
telle qu'on la comprend depuis une vingtaine d'années. Il fallait à Zola déjà
quelque héroïsme pour montrer aux hommes de son temps quelques gais tableaux de
la réalité. La réalité d'aujourd'hui ne serait permise à personne. A nous donc
les symboles et les rêves ! Tous les transferts que la loi n'atteint pas,
n'atteint pas encore ! Car enfin c'est dans les symboles et les rêves que nous
passons les neuf dixièmes de notre vie, puisque les neuf dixièmes de
l'existence, c'est-à-dire du plaisir vivant, nous sont inconnus ou interdits.
Ils seront bien traqués aussi, les rêves, un jour ou l'autre. C'est une
dictature qui nous est due.
La position de l'homme au milieu de son fatras de lois, de coutumes, de désirs,
d'instincts noués, refoulés, est devenue si périlleuse, si artificielle, si
arbitraire, si tragique et si grotesque en même temps, que jamais la littérature
ne fut si facile à concevoir qu'à présent, mais aussi plus difficile à
supporter. Nous sommes environnés de pays entiers d'abrutis anaphylactiques, le
moindre choc les précipite dans des convulsions meurtrières à n'en plus finir.
Nous voici parvenus au but de vingt siècles de haute civilisation et cependant
aucun régime ne résisterait à deux mois de vérité. Je veux dire la société
marxiste aussi bien que nos sociétés bourgeoises et fascistes.
L'homme ne peut persister en effet dans aucune de ces formes sociales,
entièrement brutales, toutes masochistes, sans la violence d'un mensonge
permanent et de plus en plus massif, répété frénétique "totalitaire" comme on
l'intitule.
Privées de cette contrainte, elles s'écrouleraient dans la pire anarchie, nos
sociétés. Hitler n'est pas le dernier mot, nous verrons plus épileptique encore,
ici peut-être. Le naturalisme dans ces conditions, qu'il le veuille ou non,
devient politique. On l'abat. Heureux ceux que gouvernèrent le cheval de
Caligula.
Les gueulements dictatoriaux vont partout à présent à la rencontre des hantés
alimentaires innombrables, de la monotonie des tâches quotidiennes, de l'alcool,
des myriades refoulées, tout cela plâtre dans un immense narcissisme
sadico-masochiste toute issue de recherches, d'expériences et de sincérité
sociale. On me parle beaucoup de jeunesse, le mal est plus profond que la
jeunesse ! Je ne vois en fait de jeunesse qu'une mobilisation d'ardeurs
apéritives, sportives, automobiles, spectaculaires, mais rien de neuf. Les
jeunes, pour les idées au moins, demeurent en grande majorité à la traîne des R
A.T. bavards, filoneux, homicides. A ce propos, pour demeurer équitables, notons
que la jeunesse n'existe pas au sens romantique que nous prêtons encore à ce
mot. Dès l'âge de dix ans, le destin de l'homme me semble à peu près fixé, dans
ses ressorts émotifs tout au moins, après ce temps nous n'existons plus que par
d'insipides redites, de moins en moins sincères de plus en plus théâtrales.
Peut-être, après tout, les "civilisations" subissent-elles le même sort ? La
nôtre semble bien coincée dans une incurable psychose guerrière. Nous ne vivons
plus que pour ce genre de redites destructrices. Quand nous observons de quels
préjugés rancis, de quelles fariboles pourries peut se repaître le fanatisme
absolu de millions d'individus prétendus évolués, instruits dans les meilleures
écoles d'Europe, nous sommes autorisés, certes, à nous demander si l'instinct de
mort chez l'Homme, dans ces sociétés, ne domine pas déjà définitivement
l'instinct de vie. Allemands, Français, Chinois, Valaques... Dictatures ou pas !
Rien que des prétextes à jouer à la mort.
Je veux bien qu'on peut tout expliquer par les réactions malignes de défense du
capitalisme ou l'extrême misère. Mais les choses ne sont pas si simples ni aussi
pondérables. Ni la misère profonde, ni l'accablement policier ne justifient ces
ruées en masse vers les nationalismes extrêmes, agressifs, extatiques de pays
entiers. On peut expliquer certes ainsi les choses aux fidèles, tout convaincus
d'avance, les mêmes auxquels on expliquait il y a douze mois encore l'avènement
imminent, infaillible, du communisme en Allemagne. Mais le goût des guerres e!
des massacres ne saurait avoir pour origine essentielle l'appétit de conquête,
de pouvoir et de bénéfices des classes dirigeantes. On a tout dit, exposé, dans
ce dossier, sans dégoûter personne. Le sadisme unanime actuel procède avant tout
d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme et surtout dans la masse
des hommes, une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime,
pour la mort. Avec des coquetteries, bien sûr, mille dénégations, mais le
tropisme est là, et d'autant plus puissant qu'il est parfaitement secret et
silencieux.
Or, les gouvernements ont pris la longue habitude de leurs peuples sinistres,
ils leur sont bien adaptés. Ils redoutent, dans leur psychologie, tout
changement. Ils ne veulent connaître que le pantin, l'assassin sur commande, la
victime sur mesure. Libéraux, marxistes, fascistes ne sont d'accord que sur un
seul point: des soldats !... Et rien de plus et rien de moins. Ils ne sauraient
que faire en vérité de peuples absolument pacifiques.
Si nos maîtres sont parvenus à cette tacite entente pratique c'est peut-être
qu'après tout l'âme de l'Homme s'est définitivement cristallisée sous cette
forme suicidaire.
On peut obtenir tout d'un animal par la douceur et la raison, tandis que les
grands enthousiasmes de masses, les frénésies durables des foules sont presque
toujours stimulés, provoqués, entretenus par la bêtise et la brutalité. Zola
n'avait point à envisager les mêmes problèmes sociaux dans son oeuvre, surtout
présentés sous cette forme despotique. La foi scientifique, alors bien nouvelle,
fit penser aux écrivains de son époque à une certaine foi sociale, à une raison
d'être "optimiste". Zola croyait à la vertu, il pensait à faire horreur au
coupable mais non à le désespérer. Nous savons aujourd'hui que la victime en
redemande toujours du martyre et davantage. Avons-nous encore sans niaiserie le
droit de faire figurer dans nos écrits une providence quelconque ? Il faudrait
avoir la foi robuste. Tout devient plus tragique et plus irrémédiable à mesure
qu'on pénètre davantage dans le Destin de l'Homme, qu'on cesse de l'imaginer
pour le vivre tel qu'il est réellement... On le découvre. On ne veut pas encore
l'avouer. Si notre musique tourne au tragique, c'est qu'elle a ses raisons. Les
mots d'aujourd'hui comme notre musique vont plus loin qu'au temps de Zola. Nous
travaillons à présent par la sensibilité et non plus par l'analyse, en somme "du
dedans". Nos mots vont jusqu'aux instincts et les touchent parfois, mais en même
temps, nous avons appris que