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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:42

Lu sur le blog de l’histoire

   Professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen (1962-1970) puis à la Sorbonne, Pierre Chaunu, 86 ans, est décédé cette nuit à Caen des suites d’une mauvaise chute. Il était membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1982.

 

    Figure majeure de l’école des Annales, précurseur de l’Histoire quantitative (il a fondé à Caen le Centre de recherches d’histoire quantitative en 1966), auteur d’une thèse magistrale sur Séville et l’Atlantique (12 volumes, 1954), Pierre Chaunu s’est fait connaître du grand public par ses prises de positions conservatrices, notamment ses cris d’alarmes répétés sur le déclin démographique de l’Occident, ainsi que ses prises de position critiques à l’égard de la Révolution française (un célèbre texte qu’il avait publié en 1989 sert de préface au récent Livre noir de la Révolution française paru aux éditions du Cerf).

 

Pierre Chaunu par lui-même:

    « Né en 1923, à la lisière du champ de bataille de Verdun, orphelin de mère presque à ma naissance, élevé dans un monde de vieillards, gorgé de souvenirs, je ne sépare pas le passé de l’avenir, le vertige de l’avant et celui de l’après".

« Né en 1923, à la lisière du champ de bataille de Verdun, orphelin de mère presque à ma naissance, élevé dans un monde de vieillards, gorgé de souvenirs, je ne sépare pas le passé de l’avenir, le vertige de l’avant et celui de l’après.

    La vie est d’autant plus belle que je la sais menacée. écœuré par les effets tangibles de la sotte querelle, empêché par les circonstances d’être vraiment utile aux miens – la recherche médicale m’a toujours fasciné – je suis devenu historien. Je suis parvenu à me persuader qu’une connaissance plus étendue du passé pouvait servir, peut-être, à une avancée vers un moindre mal.

      J’ai cherc
hé donc loin, avant, ailleurs et au dehors de ce qui avait été longtemps le champ étroitement politique et franco-français de notre « Révolution », mythifiée comme nombril du monde et récitée comme on entendait, dans ma jeunesse, braire l’âne du moulin à l’angle du chemin creux.

Quand pointait la décolonisation sur une planète rétrécie, je me suis penché sur le désenclavement planétaire et sur les grands axes de trafics (Atlantique, Pacifique) à la recherche des lois des conjonctures anciennes. Je fonde le premier centre dit d’histoire quantitative. Le front de la connaissance avance au tambour. Place au principe quantique de l’indétermination.

  Il y a tant de possibles que la seule logique qui résiste en histoire est celle de l’imprévisible. Et la vie et la mort et l’expression des rapports dramatiquement vécus à l’être et a
u destin. La vie et le destin ne se laissent pas enfermer dans une seule équation. L’historien, sur le tard, peut tout aussi bien être tenté par l’ontologie tâtonnante voire la théologie qui a fait ses classes.

   Les graphiques des naissances me paraissent plus sûrement annonciateurs que les tendances réunies du Dow Jones, du Nikkaï et du Cac 40 ; et les réflexions et représentations sur l’au-delà de la mort, plus opérationnelles que la lutte dite des classes et le cours du Brent à Rotterdam. »

                 Pierre Chaunu

Origine.

http://blog.passion-histoire.net/?p=2584

 

 

Vague Normande rend hommage à Pierre Chaunu

 

Posté par Novopress dans Culture, Politique, Société le 29 octobre 2009 |

Pierre Chaunu - La peste blanche

 

     La démographie permet de prévoir le long terme. Dès 1976 cet ouvrage permettait de prévoir, si la natalité européenne ne se relevait pas, la situation de substitution de population dans laquelle nous sommes maintenant. Dès 1986 un autre ouvrage, "La France ridée" auquel participait Chaunu, parlait de "Génocide européen". La jeune génération actuelle de l'Europe saura-telle enrayer ce processus en reprenant une natalité positive ?

 

     Ces derniers jours, de nombreuses dépêches et articles ont annoncé le décès de Pierre Chaunu à Caen le 23 octobre. Les plus hautes instances de l’Etat, ainsi que les grands titres de la presse, lui ont rendu hommage. Malheureusement, pour beaucoup, le nom et l’œuvre de cet historien émérite restent inconnus. Pourtant, c’est peu de dire qu’il aura consacré sa vie et ses travaux à mettre en garde la France et l’Europe dans son ensemble contre un fléau capital qu’il nommait dans un ouvrage éponyme la « peste blanche ».

 

      Natif de Belleville-sur-Meuse en Lorraine le 17 août 1923, il grandit à l’ombre des morts : ceux de Verdun tout proche, et sa mère décédée peu après sa venue au monde. De ce contexte particulier, il note : « élevé dans un monde de vieillards, gorgé de souvenirs, je ne sépare pas le passé de l’avenir, le vertige de l’avant de celui de l’après. » De là sa passion inextinguible pour l’Histoire, discipline à laquelle il apporta de nouvelles méthodes en fondant en 1966 à l’Université de Caen le Centre de Recherche d’Histoire quantitative. Auparavant, le professeur Chaunu avait acquis sa réputation en tant que spécialiste de l’Amérique hispanique (sa thèse, Séville et l’Atlantique, compte douze tomes).

 

    Attaché au CNRS, professeur d’Histoire moderne à la Sorbonne, membre de l’Académie des sciences morales et politiques et du Haut Conseil à l’Intégration, Commandeur de la Légion d’Honneur, le cursus honorum de Pierre Chaunu était complet. Cela ne l’empêchait guère de continuer son œuvre historique et littéraire prolifique, l’agrémentant de chroniques régulières au Figaro (qui ne lui a consacré qu’une misérable colonne) et sur Radio Courtoisie.

 

    Chercheur innovant, il mit en avant l’importance de la démographie dans la prospective historique. « Les graphiques des naissances me paraissent plus sûrement annonciateurs que les tendances réunies du Dow Jones, du Nikkei et du Cac 40 ; et les réflexions et représentations sur l’au-delà de la mort, plus opérationnelles que la lutte dite des classes et le cours du Brent à Rotterdam. » affirmait-il.

 

     Dans un livre d’entretiens avec Georges Suffert, rapidement évoqué au début et intitulé « La peste blanche ou comment éviter le suicide de l’Occident ?»  (1976), l’auteur s’inquiétait de l’inconscience terrible de ses semblables quant à l’avenir démographique de notre civilisation. En faisant référence à la peste noire du XIV° siècle qui avait porté un coup fatal à la population européenne, Pierre Chaunu espérait provoquer un électrochoc afin que ses contemporains prennent en compte l’importance du désastre et réagissent au plus vite. Nous savons bien aujourd’hui qu’il ne fut malheureusement pas entendu, et lorsque Nicolas Sarkozy lui rend hommage en reconnaissant « qu’il fut l’un des premiers à attirer avec force l’attention de l’opinion publique française et européenne sur le risque de déclin qu’entraînait la faiblesse de la démographie européenne », cela ne manque pas de sel.

 

    La « société de sensation-consommation », comme il l’appelait, n’aime pas l’enfance, ni la mort. Se croyant éternellement adolescente, elle renie non seulement les valeurs de la civilisation européenne, mais elle refuse aussi la vie s’avançant inexorablement vers sa fin prématurée. Il s’agit d’une mort indolore mais non moins certaine. « Au fond, la différence essentielle tient à ce qui est visible : la peste et la guerre font des morts, le refus de la vie ne fait rien. » remarque-t-il quelque peu désabusé. En effet, au cœur même de la catastrophe, peu semblent préoccupés de l’avenir de l’espèce et du long terme. Ne prévoyant rien, le pouvoir politique réagit sur de courtes échéances en important des populations immigrées telles des marchandises pour compenser et cacher le déficit de la natalité de notre continent. Bien sûr, cette vision à court terme n’anticipait pas les conséquences négatives de tels apports. Pourtant, l’historien-sociologue avait prévenu que « le racisme est une fleur qui pousse dans la famille trop réduite ».

 

    Père de six enfants, Pierre Chaunu avait rempli sa part su contrat. Se déclarant volontiers réactionnaire, il était libéral en amitiés, et nombre de ses anciens étudiants de toutes tendances confondues en gardent un souvenir ému. Puisse sa mémoire et ses enseignements ne pas tomber en désuétude et dans l’oubli ! Il est grand temps que les Européens actent de leur mort démographique programmée et décident de manière commune et résolue de refuser cette fatalité en se souvenant des paroles du maître : « La vie est d’autant plus belle que je la sais menacée. »

 

Joseph Joly pour Novopress France

 

[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

[http://fr.novopress.info]

 

http://fr.novopress.info/37009/vague-normande-rend-hommage-a-pierre-chaunu/ <!--[endif]-->

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commentaires

Alain Texier 02/11/2009 22:36


Le 1 nov. 09 à 11:21, G. a écrit :

Comment ne pas proposer cette lecture à mes amis sans tromper l'amitié ? Puisse-t-elle créer en eux les réflexions qui les conduiront à la sérénité.

G.


Alain TEXIER 01/11/2009 10:05


J'ajoute que ce fut l'un des seuls universitaires de premier plan à prendre publiquement position contre la Révolution lors du fameux "bicentenaire", aussi bien en conférences publiques que par la
plume ("Le grand déclassement", Robert Laffont,
1989, 298 p.)

M.


Alain TEXIER 01/11/2009 10:04


Je l'apprends avec la plus grande tristesse. J'ai eu Pierre Chaunu pour "patron" pendant des années. Je dois dire qu'il m'a, personnellement, laissé la bride sur le cou et que j'ai pu mener mes
recherches à ma guise. D'autre part, il était, avec Victor-Lucien Tapié, l'un des tous premiers professeurs d'Université ou directeurs de laboratoires du CNRS à avoir autorisé - ou plutôt encouragé
- leurs collaborateurs à signer leurs travaux au lieu de les signer eux-mêmes (il faut dire qu'à l'époque, il était INTERDIT par les statuts du CNRS aux collaborateurs payés par le CNRS de signer
leurs travaux qui ne devaient porter que la signature du "patron", lequel, s'il était très généreux, les remerciait d'une ligne de préface. Chaunu et Tapié ont victorieusement lutté contre cette
mesure).

Que, d'autre part, il ait eu trop tendance à croire le dernier qui avait parlé, trop d'indulgence pour les malveillants, cela m'a gênée, mais c'est secondaire...

Je demande des prières pour ce luthérien plus catholique que bien des catholiques...

Amitiés

A.