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  • : Le royalisme providentialisme a beau tenir une place importante dans ma vie, il ne m'empêche pas de m'interesser à l'histoire connue - et celle plus cachée- de mon pays. L'humour a aussi sa place dans les pages mise en ligne.
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:50
Fil d'Info n°223 du Mercredi 13 Juillet 2005

Notre fête nationale

    S'il y a bien une date dont vous pensiez connaître la signification historique, c'est celle du 14 juillet. Pour vous, le jour de notre fête nationale commémore la prise de la Bastille. En effet, en 1789, la France en est aux prémices de la Révolution.

   Les premiers soulèvements ont déjà eu lieu. Paris est encerclée par les troupes étrangères et les révolutionnaires craignent que le roi ne fasse appel à eux pour écraser toute tentative de rébellion. Ils lèvent donc une milice de près de 80 000 hommes pour résister. Mais ces derniers ne possèdent aucune arme pour se défendre. Ils se mettent donc en quête de poudre et attaquent le 13 juillet l'hôtel des Invalides.

   Ils en ressortent les mains vides et décident donc d'investir le lendemain la Bastille. Forteresse construite sous le règne de Charles V, à la fin du XIVème siècle, la Bastille a pour vocation initiale d'empêcher toute intrusion dans la capitale par la Porte Saint Antoine. A la base, elle comporte 4 tours, en 1789, elle en possède 8 !

   Rapidement, une enceinte est construite à cet emplacement et la Bastille perd son utilité première. François Ier la transforme donc en coffre-fort géant et salle de réception pour ses invités de marque. C'est Richelieu qui fera d'elle une prison d'Etat. Deux quartiers y sont aménagés, l'un réservé aux aristocrates, où ils pouvaient amener leurs domestiques, l'autre aux prisonniers communs, plus vétuste et agrémenté de ci de là de quelques oubliettes...

    On associe souvent la Bastille, à la lettre de cachet* ,lettre émanant du roi en personne et qui permettait d'emprisonner un personne sans jugement préalable.
* Les lettres de cachet sont des lettres du roi qui sont closes par le sceau parce qu'elles ne doivent être lues que par le destinataire, contrairement aux lettres patentes qui sont des lettres publiques et opposables à tous...La lettre de cachet n'a pas a priori de caractère disciplinaire : les ordres adressés directement par le roi à l'un de ses officiers affectent tous la forme de la lettre de cachet. C'est aussi le moyen utilisé par le roi pour rappeler un officier à ses devoirs : ainsi les lettres adressées aux membres du parlement de Paris pour leur mander d’enregistrer un édit.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lettre_de_cachet
C'est ainsi que de nombreuses personnalités, comme par exemple le Masque de Fer, y furent emprisonnées. Dès 1784, le roi commence à envisager de détruire la Bastille, véritable gouffre financier.


     Mais les révolutionnaires vont prendre de cours ce projet. Ils entrent dans la Bastille le 14 juillet. Les gardes, peu nombreux, ne résistent pas longtemps. 80 parisiens sont tués dans les affrontements et le gouverneur de la Bastille Bernard Jordan de Launay est assassiné en représailles. Les émeutiers ne trouvent que 7 détenus dans les locaux de la célèbre prison. Le 16 juillet un entrepreneur privé commence à détruire l'édifice. Il vend quelques pierres aux habitants en souvenir de ce jour, le reste est utilisé pour ériger le pont de la Concorde.

      Un an plus tard, La Fayette, alors commandant de la Garde Nationale de Paris, organise en mémoire de la prise de la Bastille, la fête de la Fédération, véritable fête de la nation. Le champ de Mars est envahi par une foule en liesse et Louis XVI prête serment à la nation et à la loi, sous les acclamations des parisiens.

    Le 31 janvier 1879, le 14 juillet devient fête nationale mais non comme on le croit souvent en mémoire de la prise de la Bastille mais au contraire en souvenir de la fête de la fédération, second 14 juillet, qui lui n'a coûté " ni une goutte de sang ni une larme " comme le souligne alors Henri Martin, sénateur. Il ajoute même " c'est en ce jour qu'a été enfin accomplie l'unité nationale ".

Origine.
Virginie et la rédaction du Fil d'Info
http://www1.nordnet.fr/fdi/consult.php?art_id=1&letter_id=223

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 16:45
CASUS BELLI. Cas de guerre.
    Se dit d'un acte qui peut provoquer les hostilités entre deux peuples. L'insulte faite par un souverain à l'ambassadeur d'une puissance étrangère est toujours un casus belli.

    La prétention de M. Barrot était que, dans le conflit entre l'Autriche et les différentes parties de l'ltalie, le casus belli prévu par les traités de 1815 ne se présentât pas ; mais que si les puissances étrangères intervenaient dans ce débat, en quelque sorte domestique entre l'Autriche et les autres États d'Italie, la France, de son côté, aurait des devoirs à remplir.
SARRANS
Histoire de la Révolution de 1848



CEDANT ARMA TOGAE.  Que les armes le cèdent à la toge.
     C'est un vers que Cicéron fit à sa propre louange, en mémoire de son consulat. Cedant arma togae, concedat laurea linguae ! « Que les armes le cèdent à la toge, les lauriers à l'éloquence ! » C'est-à-dire : Que le pouvoir militaire, représenté par l'épée, fasse place au pouvoir civil, représenté par la toge. Ce vêtement était à Rome ce que nous appelons chez nous l'habit bourgeois.

     Nous fûmes obligés de laisser dans cet appartement quelques portraits de famille et des trophées d'armes, dit le sire de Ravenswood ; oserais-je vous demander ce qu'ils sont devenus ?
     - Cet appartement, répondit le garde des sceaux en hésitant, a été arrangé en notre absence, et vous savez que cedant arma togae est la maxime favorite des jurisconsultes ; je crains qu'on ne l'ait suivie un peu trop à la lettre.
Walter SCOTT
La Fiancée de Lammermoor
....

COGITO, ERGO SUM.  Je pense, donc j'existe.
   Lorsque le philosophe Descartes eut rompu avec les doctrines du passé, qu'il eut dans son esprit fait table rase de tous les principes qu'on lui avait enseignés, afin de reconstruire la doctrine sur l'évidence et la raison, il connut comme première vérité la vérité de son existence, à ce signe, qu'il pensait ; penser, c'est être : Cogito, ergo sum. « Je pense, donc je suis. »

   On rapproche quelquefois la question des brevets d'invention et celle de la propriété littéraire. Il y a pourtant une différence essentielle entre la propriété d'une idée et celle d'une expression. L'auteur de l'Iliade n'est pas propriétaire de la guerre de Troie, ni Bacon de la Méthode expérimentale, ni Descartes du cogito, ergo sum.
J. SIMON
...

CRITERIUM . Moyen de juger.
    Le mot latin criterium a le même sens que l'expression française : pierre de touche *, et il est aujourd'hui consacré dans la langue anglo-française du turf : Criterium pour chevaux de trois ans, etc

* La pierre de touche est, au sens figuré, l'élément qui permet de juger de la valeur d'une idée, d'une théorie.
http://denismerlin.blogspot.com/2008/08/pierre-de-touche.html


   Nous avons dit plus haut sous quel aspect nous apparaissait le rôle de la France dans la civilisation européenne ; notre criterium, relativement à ce qu'on peut appeler l'histoire intérieure, n'est autre que le développement progressif de l'unité nationale.
H. MARTIN
Histoire de France


    Chose singulière, contraste bizarre ! on en est arrivé à croire qu'il est utile à une nation, et même qu'il serait utile au genre humain tout entier, d'employer un système uniforme de poids et mesures, et en même temps à ne pas sentir qu'il y ait besoin pour une nation, que dis-je, pour deux hommes, d'avoir un système uniforme de croyance morale et un criterium commun de vérité et de certitude !
P. LEROUX
Discours aux philosophes

...

Origine.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 09:39
   "Justice. Outre leur rôle dans la mort des moines  trappistes, les autorités algériennes  pouraient également être impliquées  dans le meurtre (NDLRB. Lire "assasinat") de l'évêque d'oran, Mgr Claverie, en 1996".

Origine .
Le Figaro . 7 juillet 2009 p. 9.

Algérie, le testament de Mgr Claverie
Par Hugeux Vincent, publié le 08/08/1996


    Victime le 1er août 1996  - de même que son jeune chauffeur - d'un attentat à la bombe, Pierre Claverie est le dix-neuvième religieux chrétien assassiné en Algérie. Lorsque la mort l'a fauché, l'évêque d'Oran rentrait d'Alger, où il s'était entretenu avec le ministre français des Affaires étrangères. Comment ne pas voir dans ce meurtre un châtiment infligé à l'ancienne puissance coloniale, résolue envers et contre tout à instaurer avec l'Algérie de Liamine Zeroual des relations «sereines et cordiales»? Paris, soutient Hervé de Charette, visiblement affecté, «ne se laissera pas détourner de son chemin». Faut-il en conclure que ce meurtre n'a rien changé? Non. Si elle ne suffit pas à vider de son sens une présence chrétienne humble et fraternelle en terre d'islam, la mort de Pierre Claverie enferme un peu plus l'Algérie dans son autisme suicidaire. Temps cruels pour les esprits libres. Pris en étau entre la censure du pouvoir et les commandos islamistes, les journalistes algériens mènent eux aussi un combat désespéré, que L'Express a choisi de raconter .....
     C'était un matin de février dernier. De passage à Paris, Pierre Claverie, évêque d'Oran, assassiné par un groupe islamiste le 1er août et inhumé cinq jours plus tard, m'avait invité à le retrouver au couvent des dominicains de la rue des Tanneries, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Nous devions discuter d'une idée de reportage dont L'Express lui avait fait part quelques mois auparavant, sujet d'une correspondance nourrie par télécopie: il s'agissait de partager, durant une ou deux semaines, la vie d'une communauté chrétienne de l'Oranais immergée dans la réalité algérienne et d'éclairer ainsi l'énigme du «pourquoi rester?». Dans un premier temps, l'évêque natif de Bab el-Oued jugea le projet prématuré. «Autant je suis prêt à m'engager personnellement, nous écrivait-il, autant je ne peux faire courir de risques à la communauté chrétienne comme telle, ne serait-ce qu'en attirant l'attention sur ses activités.» Mais ce lundi d'hiver, Pierre Claverie a changé d'avis. «J'ai réfléchi. Il faut le faire.» Le dominicain évoque aussi la cécité du pouvoir, incapable de tirer profit d'un triomphe électoral pour partie contesté, et le danger d'une explosion sociale. Puis il raconte, atterré, le carnage survenu quelques jours plus tôt non loin d'Oran. «Une dizaine de jeunes islamistes désertent le maquis pour rentrer chez eux. Aussitôt, leurs ex-frères d'armes investissent le village et traînent les ??traîtres'' sur la place. Là, tous seront égorgés sous les yeux des leurs. Pour l'un d'entre eux, par son frère aîné. On en est là.» Au lendemain de l'enlèvement des sept moines trappistes de Tibherine, l'évêque nous demandera, au nom de la sécurité des siens, d'ajourner notre voyage. Joint par téléphone dès l'annonce de leur assassinat, il insiste sur la chaude sympathie des voisins algériens et son inébranlable volonté de poursuivre sa tâche. «Nous ne sommes pas suicidaires. Il y a un débat algéro-algérien, islamo-islamiste, dans lequel on peut devenir un enjeu. Si nous abandonnons, ceux qui veulent la purification ethnique ou religieuse auront gagné. C'est un fait, mais il faut savoir en payer le prix.» Lui a su. Interrogé par un collectif de radios chrétiennes à la veille de la visite à Alger d'Hervé de Charette, Pierre Claverie avouait redouter un «attentat spectaculaire».
       Fin connaisseur de la culture arabe et du Coran, celui qui se présentait parfois comme un «cheikh chrétien» restait réfractaire aux chimères d'un dialogue interreligieux purement institutionnel. «Nous n'avons pas encore, disait-il, les mots pour dialoguer. Il faut d'abord vivre ensemble.» C'est au nom de cette abrupte lucidité qu'il contesta la tribune offerte au Front islamique du salut (FIS) par la rencontre de Sant'Egidio, rassemblement à Rome, en janvier 1995, des mouvements d'opposition au régime de Liamine Zeroual.

     Les 9 et 10 mai, l'évêque d'Oran avait présenté à Paris ses Lettres et messages d'Algérie (Karthala), recueil de chroniques rédigées entre 1988 et 1995. En novembre de cette année-là, le meurtre de soeur Odette, abattue dans le quartier algérois de Kouba, lui avait inspiré un texte où affleurent la fougue, le franc-parler et le sens de l'ironie que les frileux lui reprochaient tant. Pierre Claverie semble, dans cette adresse aux «héros embusqués», interpeller ses propres assassins.
     «Bravo! Les héroïques combattants de la justice ont encore frappé. Ils ont dû [...] choisir les victimes les plus significatives, prendre en filature ces victimes désignées, durant des jours ou des semaines, pour déterminer leur emploi du temps, faire la carte de leurs déplacements, évaluer leur capacité de réaction et, en conséquence, choisir l'armement nécessaire, le point d'attaque, les itinéraires de dégagement. Ils se sont donc réunis pour mettre au point ce scénario, fixer le jour, l'heure, le lieu, et désigner les exécutants. Alors, ceux-ci ont commencé leur traque: ils ont épié, suivi, attendu leurs cibles. [...]
    «Bravo! A vous qui avez choisi ce genre de guerre que vous appelez parfois djihad, guerre sainte contre les ennemis de Dieu, les tyrans et les exploiteurs, les corrompus et les hypocrites, ??les mécréants, les juifs et les chrétiens'' (GIA dixit). [...] Vous avez, par vos durus (leçons) et vos prêches, patiemment formé vos disciples; les éduquant pour en faire les exécutants dociles des décrets divins, les convainquant de la noblesse de leur mission et leur promettant les récompenses éternelles. Tuer un kafir (mécréant), n'est-ce pas une hassana (méritoire)? Vous leur avez aussi donné une formation militaire car, disiez-vous, les forces du Mal se dresseraient pour détruire les forces du Bien: il faudrait donc combattre sur la voie de Dieu. Et puis vous êtes rentrés dans vos foyers pour goûter la paix que Dieu donne au fidèle da'y (missionnaire), au fqih (juriste, théologien) scrupuleux, au pieux imam, au sage mufti (jurisconsulte), au alim (savant) cultivé, au khateb (prédicateur) éloquent.

       Coupable d'être en vie?
   «Bravo! A vous les chefs politiques et les courageux émirs qui avez élaboré programmes et stratégies pour abattre le taghut (tyran) et faire advenir la cité idéale. Prudents, vous avez souvent pris vos distances et vous donnez votre bénédiction et vos commentaires sentencieux à partir de Paris, Londres, Bonn ou Washington. Vous vous payez même le luxe d'apporter votre contribution et votre soutien au dialogue, à la démocratie, au pluralisme, à la tolérance, au respect des opinions des autres, aux droits des personnes et des minorités religieuses. Qu'est-ce que cela vous coûte? Les émirs, eux, appliquent leur stratégie et leur loi. Ils ne tiennent pas vraiment compte de vous et vous ne les contrôlez pas vraiment: vous les utilisez et ils vous donnent le poids de leurs armes sans que vous en portiez la responsabilité. Confortable situation pendant que le peuple paie, au prix fort, vos calculs savants et vos subtiles distinctions entre le permis et l'interdit, halal et haram, iajûz et la iajûz, en matière d'égorgement. [...]
       «Bravo! A vous aussi qui savez si bien entretenir la confusion. Après tout, sommes-nous sûrs que les agresseurs des soeurs n'étaient pas des voleurs? Ou des gens qui ont de bonnes raisons d'en vouloir aux étrangers, aux Français, aux chrétiens, aux religieuses? Car, enfin, que font-ils encore ici? On se sentirait presque coupable d'être encore en vie en Algérie alors que l'on mérite tellement la mort! Ou bien encore, ces assassins sont certainement des provocateurs ou des agents du ?système?, des ?services?, de la mafia qui ont pour mission de brouiller les pistes et de diaboliser les islamistes. Personne, évidemment, n'est plus sûr de rien ni de personne. Et c'est dans le brouillard que l'on tue et que l'on est tué.
      «Bravo! A vous qui dites en lisant ces lignes: la hiérarchie s'aligne sur le pouvoir, c'est son habitude. Peu lui importe la misère du peuple pourvu que l'institution soit sauve. Vous fermez volontairement les yeux sur les exactions des forces de l'ordre et vous rejetez la solution islamique parce que vous en avez peur. [...] Est-ce faire de la politique que de crier son désarroi devant la terreur? Est-ce prendre le parti des éradicateurs que de dénoncer la violence aveugle et, qui plus est, exercée au nom de Dieu?
   «Bravo à tous! Et, au fond, merci. Car vous nous rappelez des choses importantes que, dans notre drame quotidien, nous risquons d'oublier.
   «- On ne peut défendre une cause juste avec des moyens sales. [...]
«- Ne mêlons pas Dieu à nos conflits humains. Laissons Dieu être Dieu et ne nous prenons pas trop vite pour Ses envoyés ou pour les exécuteurs de Ses jugements. Le jugement ne nous appartient pas. [...]
     «- Par-dessus tout, nous redécouvrons l'évidence que notre foi nous donnait de tenir avec Jésus-Christ: sans le respect de la personne humaine, aucun projet moral, social, politique ou religieux ne peut emporter notre adhésion.»


Origine.
Http://www.lexpress.fr/informations/algerie-le-testament-de-mgr-claverie_615640.html
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:44
Vatican, un Etat d'âmes

    L’Etat de la Cité du Vatican célèbre en cet an de grâce 2009 un double anniversaire : celui de sa fondation (en 1929) et celui de son souverain pontife, Benoît XVI. A 80 ans, autant l'Etat que son chef se portent comme des charmes. Une étude du Jane’s Information Group de Londres place même le Vatican au pinacle du “Top 50 des pays les plus riches et les plus prospères”, loin au-dessus de la Belgique (25è), France (22è), le Canada (23è) et la Suisse (17è)…
        Plutôt que ce flamboyant résultat économique, le Saint-Père, humilité évangélique oblige, n’a évoqué, le 14 février, qu’ “un point presque invisible sur les mappemondes”, un “petit Etat sans défense, privé d’armées redoutables et pas toujours compris” mais qui n’en est pas moins “un centre de rayonnement que l’on regarde avec beaucoup d’attention”. Un Etat que son prédécesseur, le pape Pie XI, a voulu “le plus petit possible” afin de manifester que l’Eglise ne briguait nul pouvoir temporel mais juste de quoi assurer une assise territoriale souveraine et totalement libre au Saint-Siège.

   Rien qu’”un petit lopin de terre”, insista Pie XI auprès du Président du Conseil italien, Benito Mussolini,“le minimum de corps nécessaire pour abriter l’âme”, asseoir le pouvoir abstrait, virtuel et vertueux, de l’Eglise catholique. Soit à peine 44 hectares, pas un empan de plus, 0,5 km2 pour fixer le siège saint d’un souverain de droit absolu et divin.
    Le statut du Saint-Siège, Eglise-Etat autant qu’ Etat-Eglise, a été taillé sur mesure au sein de la famille des Nations-Unies. Il est, cas unique, observateur permanent, sans droit de vote mais autorisé à assister à toutes les réunions, consulter les documents s’y référant,  faire circuler des mémoires, être invité à prendre la parole pour   apporter au débat une dimension spirituelle et morale.
Ce statut d’Etat-Eglise admis dans les arcanes internationales ne va pas sans soulever l’opposition de beaucoup d’ONG qui dénoncent un privilège indu. C'est que, comme à la FAO, à l’OMS, à l’UNESCO, à l'UNHCR et à autant d’autres organismes de l’ONU, la papauté siège en délégué aussi bien à l’OUA, à la Ligue arabe, à l’OMC qu’à l’UE –sans en être membre- et même à l’AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique) ! Enfin, inscrit au patrimoine artistique mondial de l'UNESCO le 21 septembre 1984 par un vote unanime, le Vatican accède au rang de véritable Etat-symbole : sujet de droit international, acteur de la politique mondiale, son territoire se voit de surcroît consacré patrimoine spirituel, artistique et culturel devant être respecté et protégé au titre de trésor de l’humanité.

    Etat-Monde, le Saint-Siège n’utilise pas moins de quatre langues officielles : le latin pour l’Eglise catholique, l’italien pour la Cité du Vatican, le français pour la diplomatie, l’allemand pour la Garde Suisse, la plus petite (101 soldats et officiers) et la plus ancienne armée du monde, en charge de la protection rapprochée du souverain pontife. Outre les gardes suisses, la gendarmerie pontificale (130 hommes) vient de sceller un accord avec Interpol et de mettre sur pieds une unité antiterroriste.
    Par quel “miracle à l’italienne”, le Vatican a-t-il pu se hisser en moins d’un siècle au rang d’acteur international unanimement respecté? Quelle autre religion aurait-elle seulement songé, ou même rêverait, d’accéder à un tel privilège? Le plus miraculeux étant qu’aucune d’entre elles n’ait jamais contesté à l’Eglise catholique ce régime de faveur sans équivalent dans l’histoire.
    Nous sommes loin de cette Eglise qui, depuis le IVè siècle, n’avait de cesse d’interférer dans le jeu des alliances dynastiques et rivalités entre royaumes. Dès la Paix de Westphalie (1648), elle a dû admettre sa mise à l’écart politique par l’essor des Etats-Nations modernes, dont le commun caractère “Chrétien” allait s’estomper au profit de l’identité “nationale” irréductible de chacun d’entre eux.

    La papauté –ce monstre “crée par le Diable” selon Luther- ne semblait plus avoir alors d’autre choix qu’entre délaisser le trône pour l’autel ou dépérir. Fragilisé par la Réforme protestante, discrédité par les philosophes des Lumières, conspué par les intellectuels qui lui reprochaient son refus intransigeant du “progrès”, le pape se résigna à cantonner son pouvoir temporel, afin de mieux le sauvegarder, aux Etats Pontificaux –Rome, Naples, le littoral romain, en tout plus de 28000 km2- soit “grosso modo” la taille de l’Albanie ou de la Belgique.En vain, car il ne pût empêcher l’entrée triomphale l’automne 1870 du roi Victor Emmanuel à Rome qu’il déclara aussitôt “capitale” de l’Italie “unifiée”.Le pouvoir temporel du pape désormais battu et réfugié “prisonnier” au Vatican –son ex-palais le Quirinal deviendra le siège du chef de l’Etat italien- aura vécu.

     L’extension des feux de la première Guerre mondiale fragilisa encore plus l’espoir d’un retour en grâce –politique- de la papauté.L’Italie insista pour la marginaliser et le brave pape Benoît XV dont le “plan de paix” passa quasi inaperçu ne fut même pas invité à assister aux conférences de paix. Mais il en fallait plus pour dissuader l’évêque de Rome, le Primat d’Italie, le Patriarche de l’Occident devant l’Eternel, d’abdiquer sur ce qu’il estimait être son droit et sa vocation : faire entendre la voix de l’Eglise dans le concert des nations modernes.Léon XIII en comprit l’enjeu –épouser l’esprit du siècle ou répudier l’histoire- qui incita les catholiques français à rallier la République, appel historique lancé en 1890 lors du fameux “toast d’Alger” par le cardinal Lavigerie.
     Même si la loi de Séparation de 1905 en France porta un rude coup aux relations entre le Saint-Siège et la Fille Aînée de l’Eglise –Rome rompit les relations diplomatiques avec Paris- la papauté avait déjà pris la mesure de la marche du monde : sécularisation inexorable de l’Europe, déseuropéanisation de la religion catholique, mise en mouvement de l’humanité non-chrétienne… Voilà l’air du temps nouveau que sut “flairer” Pie XI... pour insuffler un regain d’influence au Saint-Siège. Et d’abord en Italie via les Accords du Latran, paraphés le 11 février 1929, puis peu à peu sur l’ensemble de la planète.

    Pie XII continuera d’impliquer le Saint-Siège dans la trame de la vie internationale.Son successeur Jean XXIII ira encore plus loin en ouvrant début 1959, l’immense chantier du concile Vatican II, une étape cruciale sur le chemin oecuménique puisque la papauté admet pour la première fois qu’il y aurait un salut en dehors d’elle, innocente les Juifs, exprime son “respect” pour l’islam et les autres croyances religieuses ou philosophiques. Paul VI, premier pape à voyager hors l’Italie –Jérusalem en 1964, Inde, Ouganda- prêchera depuis la tribune des Nations-Unies au nom d’une Eglise “experte en humanité”.Jean-Paul II, l’”Athlète de Dieu”, mettra la touche finale à la légitimité pleine et entière de l’Etat de la Cité du Vatican dans la communauté des nations.Il aura pas posé son bâton de pèlerin dans pas moins de 129 pays sur les cinq continents et parcouru 1 163 835 km, soit 28 fois le tour terre et presque trois fois la distance entre la terre et la lune !

      La sphère internationale est donc celle où le Saint-Siège s’octroie le droit et même le devoir d’intervenir dans les affaires du monde. Et, habilement, il n’y plaide pas, tant s’en faut, seulement pour sa chapelle.N’ayant pas d’intérêt géopolitique “profane” à préserver, il se consacre moins à résoudre les conflits qu’à aider à “construire un monde plus juste et plus fraternel”, sans distinction de régime politique, de religion ou de doctrine.Ne vit-on pas Jean-Paul II dénoncer avec une même rigueur et l’embargo imposé par les Etats-Unis contre Cuba et l’invasion de l’Irak au printemps 2003 par une “Coalition” conduite par Washington? Répudiant la guerre, la papauté défend une sorte de sainte trinité laïque : la communauté des nations, le droit international,la Charte des Nations-Unies.Don du Ciel ou fruit d’une habile et constante opération de relations publiques internationales, l’Eglise catholique aura gagné ce privilège unique d’avoir le droit de prêcher “sa” bonne parole “urbi et orbi”, pour “la ville et pour l’univers”.
  « Quid » de Benoît XVI? Va-t-il continuer l’insertion de l’Eglise dans dans une tunique internationale dont la bigarrure s’étoffe au rythme endiablé de la “globalisation” ou y mettre un bémol afin d’en revivifier les “racines” et l’”identité” que mettrait en péril un prétendu “relativisme” religieux et culturel dont il ne cesse de déplorer l’emprise sur l’esprit du temps? La question nourrit déjà débats, controverses et polémiques, et pas seulement au sein de l’Eglise et parmi les catholiques.

Origine.
http://blogs.tv5.org/deus_ex_machina/2009/03/vatican-un-etat-dâmes.html

NDLRB.

Le journal "Présent" me paraît avoir été un des rares journaux papier a  àvoir  consacré  un  (long) article au 80 éme anniversaire de l’Etat  du Vatican .( Présent du 13 juin 2009 p. 8 Il l’a fait  dans la page intitulée « Dieu premier servi »… ce qui est  encore une originalité de ce périodique.
Pour écrire au service d'abonnements : Pour écrire à la rédaction: Présent S.A.R.L.
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 09:01

Une double leçon d'histoire

   Formellement, le discours prononcé par le chef de l'État le 22 juin à Versailles représentait une sorte d'événement en lui-même. Rien de tel n'était advenu depuis 1875 et la mise en place de la IIIe république. Mais, relisant le texte de cette intervention présidentielle devant députés et sénateurs on se pose d'autres questions.

  À quoi servent l'Histoire et son enseignement ? À ne pas recommencer les mêmes erreurs, dira-t-on par principe. Tirant profit des expériences réalisées à leurs dépens par nos devanciers, nous pouvons éviter de retomber dans les ornières où ils se sont enlisés.

   Ainsi la réforme de 2008 cherchait-elle à rehausser le rôle du Parlement. On sait son abaissement des 50 dernières années. On juge nécessaire de rendre sa dignité et son rôle à la représentation nationale. Et on n'y parvient pas. Le public ne s'y trompe guère.

  Chère à Auguste Comte, la volonté affichée de prendre en compte les leçons du passé, se donne le nom savant d'empirisme organisateur. L'école maurrassienne en fit son étendard. Mais, pour fonctionner vraiment, les recettes induites d'une telle inspiration devraient s'articuler à leur tour sur un certain nombre d'autres règles. Et parmi celles-ci l'indépendance d'esprit et de pratique des historiens se révèle indispensable pour couvrir de son aile émancipatrice un ensemble de vertus scientifiques connexes.

   On prend donc plaisir, aujourd'hui encore, à relire Beau de Loménie, voire à le découvrir. Au gré de ses livres, on fréquente l'un des esprits les plus libres, et l'un des critiques les plus courageux, fécond lui-même, impitoyable et, la plupart du temps, pertinent.

    On parcourt ainsi avec lui avec lui les pistes souvent amères des deux derniers siècles de la France. Oh certes cet auteur ne méconnaissait pas le bilan, globalement négatif, de la Révolution de 1789. Mais, contrairement à tant d'autres, il ne s'en tenait pas là : sa critique porte plutôt sur les gens et les choses qui ont succédé à la Terreur jacobine. Car elles ont persisté à tracer leur courbe, implacablement descendante pour ce pays diminué, de génération en génération, non seulement du poids de leurs accaparements économiques, mais aussi sous l'influence des mensonges de leurs alliés idéologiques.

   À larges traits, définissons sa thèse centrale (1). Elle sert de canevas à son immense fresque des "Responsabilités des dynasties bourgeoises". Rédigée et publiée de manière échelonnée, depuis les années 1940 jusqu'aux années 1970, cette Histoire non-conformiste ne s'enferme heureusement pas dans une thèse unique. On la sent frémir sourdement tributaire des passions de chaque période de son écriture.

    Mais l'éclairage initial, – et disons-le : génial, – mérite un rappel. Les détournements frauduleux des acquéreurs de biens nationaux et autres profiteurs des guerres et bouleversements de la révolution et de l'empire ont prospéré, impunis, sous ces régimes successifs du XIXe siècle, que le pays a subis, plus qu'il ne les a véritablement suscités. Ces énormes fortunes se sont révélées stérilisantes, plus coûteuses encore que les privilèges les plus frivoles associés à l'Ancien régime.

    Or, leur survie, puis leur capitalisation a supposé des habiletés, en fait des compromissions permanentes de la bourgeoise, autoproclamée progressiste, avec ce qui s'est appelé successivement le centre gauche, l'alliance démocratique, appoint négocié des radicaux-socialistes d'autrefois, et qu'on nomme aujourd'hui la gauche caviar.

   Dans le recueil intitulé "les Pollueurs de l'Histoire" (2) on trouve dès lors un aspect significatif de ce système : le rôle qu'y joue le parti intellectuel. Il sert aussi bien d'éteignoir de la pensée que d'auxiliaire politique de cette dictature inavouée.

   Ayant lui-même subi les persécutions mesquines des fabricants de mensonges, des cuistres de Sorbonne et des faux chercheurs du CNRS, Beau de Loménie leur rend coup pour coup, avec élégance.

    Habile parmi les habiles, tenant du titre devrait-on dire, le maître actuel de l'exécutif semble tenté aujourd'hui de recommencer, hélas, les erreurs classiques du bonapartisme. Or, on veut trop souvent oublier que les deux régimes plébiscitaires issus de cette filiation ont conduit à Waterloo en 1815 et à Sedan en 1870. Ceci devrait les condamner sans appel dans la mémoire nationale. Or toute la tradition ultérieure qu'on qualifie de "gaullienne", reprend ce nuisible fond de commerce, hérité du boulangisme.

   On déplore de la sentir toujours vivace, quoi qu'on ait pu espérer de la "rupture" promise en 2006.Les leçons de l'histoire s'imposent donc, quoi qu'il advienne, dans leur nécessité.

Apostilles
(1) cf. article publié par Le Monde en janvier 1978.
(2) Paraissant à l'instant, la réédition de ce livre peut être commandée dès maintenant au prix de 20 francs franco de port par correspondance au Éditions du Trident 39 rue du Cherche Midi 75006 Paris.


                    JG Malliarakis

Origine.
http://www.insolent.fr/2009/06/une-double-lecon-dhistoire.html
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 09:48
BEATI PAUPERES SPIRITU. Bienheureux les pauvres d'esprit.

   Si l'on cherchait le sens de ces premières paroles du Sermon sur la montagne, dans l'application qui en est faite d'ordinaire, il faudrait admettre, comme on le fait généralement, que Jésus-Christ a glorifié l'idiotisme. Ce sens ne peut être celui de l'Écriture. Quelques interprètes ont traduit pauperes spiritu par pauvres en esprit, c'est-à-dire détachés de tous les biens terrestres et n'aspirant qu'aux biens du Ciel


BIS DAT QUI CITO DAT .Qui donne vite, donne deux fois
Cette pensée de Sénèque a été exprimée dans toutes les langues : « Ne dites point à votre ami qui vous demande quelque chose : Allez et revenez, je vous le donnerai demain, lorsque vous pouvez le lui donner à l'heure même (Salomon).
...

BIS REPETITA PLACENT. Les choses répétées, redemandées, plaisent (Horace, Art poét., v. 365)
    Heureux les auteurs qui produisent de ces ouvrages dont Horace a dit : Decies repetita placebunt. Ils n'obtiendront cet avantage que par l'alliage, si difficile à préparer, de I'utile et de l'agréable
...

Origine.
http://www.abnihilo.com/
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 08:23
NDLRB. La  gratitude  de la Charte de Fontevrault va à Xavier qui nous a transmis  ce  beau texte.

Que dire à un homme de 20 ans ? (Helie Denoix de Saint-Marc, février 2008)


présenté par Jean-Baptiste Dugast, RPC, mars 2009

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu'on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu'à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l'existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu'écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s'installer dans sa vérité
et vouloir l'asséner comme une certitude,
mais savoir l'offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu'on appelait la Morale
et qu'on appelle aujourd'hui l'Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l'interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l'individualisme systématique,
le profit à n'importe quel prix,
le matérialisme,
l'emportent sur les forces de l'esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l'once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l'aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu'au dernier jour,
jusqu'à la dernière heure,
rouler son propre rocher.
La vie est un combat
le métier d'homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n'est sûr,
que rien n'est facile,
que rien n'est donné,
que rien n'est gratuit.

Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu'il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît
comme l'absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu'il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu'il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu'il a sa propre dignité
et qu'il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu'envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu'elle est la motrice de toutes les autres
et qu'elle est nécessaire à l'exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages,
c'est peut-être cela

«L'Honneur de Vivre»

Hélie DENOIX de SAINT-MARC

11 février 2008
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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 08:48



Emission proposée par : Annet Sauty de Chalon <http://www.canalacademie.com/+-Annet-Sauty-de-Chalon-+.html>
Référence : ECL570
Adresse directe du fichier MP3 :
http://www.canalacademie.com/emissions/ecl570.mp3
<http://www.canalacademie.com/emissions/ECL570.mp3>
Adresse de cet article :
http://www.canalacademie.com/La-toponymie-ou-l-importance-des.html
<http://www.canalacademie.com/La-toponymie-ou-l-importance-des.html>
Date de mise en ligne : 31 mai 2009



   Nommer, c’est prendre possession. A l’aune de cette définition, on mesure à quel point les dénominations géographiques ont de tous les temps représenté un enjeu politique. Au-delà du mot, c’est la langue, l’origine du locuteur, le territoire de celui-ci qui s’impose.

   Pierre Jaillard, en sa qualité de Président de la Commission nationale de toponymie (CNT), organisme rattaché au ministère de l’Equipement, Pierre Jaillard et son équipe sont amenés à faire des recommandations aux pouvoirs publics. Dans cet entretien, il n’est pas question de toponymes français mais d’appellations délicates que l’actualité internationale met parfois en lumière. Par exemple, lorsque les agissements des pirates au large de la Somalie conduisent les media à reprendre sans discernement la dénomination anglaise de Puntland, la CNT s’avise de suggérer un autre toponyme, celui de Pount.

   Pierre Jaillard, passionné par son sujet, passe ainsi en revue quantité de noms de lieux. A travers cette évocation, c’est l’histoire et l’étymologie qu’il convoque, l’usage restant, au bout du compte, le seul juge.

   Comme nous l’explique notre invité : les noms représentent des enjeux. Ils sont en cela des outils techniques.

   Exemple : doit-on dire « territoires palestiniens » ou « territoires occupés » ?

   Dans cette émission, vous apprendrez que Pierre Jaillard choisit pour terminologie officielle « territoires palestiniens » car ce terme désigne les zones de la Terre Sainte qui n’appartiennent pas à Israël en vertu du droit international reconnu.Cela crée-t-il un malentendu ? Pour notre toponymiste : « non, car la frontière ne se place pas à cet endroit. Le peuple palestinien se définit par l’ensemble des habitants de ce territoire, ceux-là mêmes qui y étaient avant la création de l’Etat d’Israël en 1947. Elle recouvre les musulmans mais aussi les chrétiens et même certains juifs qui étaient revenus en Terre Sainte depuis 1947. »

   Découvrez d’autres exemples (tels que : Proche-orient ou Moyen-orient ?) et admettez que la toponymie est la science de la précision !

En savoir plus :

 

   La toponymie (du grec topos, lieu, et onoma, nom) est une science qui a pour objet l’étude de la formation et de l’évolution des noms de lieux, ou toponymes. C’est également l’ensemble des noms de lieux d’un pays ou d’une région, d’une carte ou d’une nomenclature.

Origine :

http://www.canalacademie.com/La-toponymie-ou-l-importance-des.html

 

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 08:24
La Nouvelle Athènes
   Le nom de "Nouvelle Athènes" a été donné par Dureau de la Malle (le 18 octobre 1823) journaliste au Journal des Débats, à un lotissement entrepris au début du XIX ème siècle sur les pentes du quartier Saint-Georges, dans l'ancien quartier des Porcherons, quartier des guinguettes et de cabarets au milieu des champs et des vergers. Ce nom fait référence à la grécomanie ambiante.

    Le déclenchement de la guerre d'Indépendance grecque en 1821 a certainement mis la Grèce à la mode en France et contribué à l'adoption du nom de la Nouvelle Athènes. La formation et la culture des architectes qui ont construit les hôtels de la rue de la Tour-des-Dames justifie aussi l'appellation Nouvelle Athènes.
C'est dans cet ensemble homogène d'immeubles bâtis entre 1820 et 1850 que choisit de vivre un grand nombre d'écrivains, d'acteurs, de musiciens et de peintres qui formèrent l'élite du mouvement romantique parisien.

Artistes et écrivains
   Ary Scheffer vint en 1830 s'installer rue Chaptal.
   "On y accédait par une avenue qui conduisait à une cour entourée de deux ateliers, d'une écurie et d'une remise. Au centre, la maison d'habitation ombragée d'un cèdre ; deux petits jardins égayaient l'ensemble".(M. Kolb, Ary Scheffer et son temps, 1937, p.143)
   "Ces lieux qui, grâce à la piété des descendants de l'artiste, ont été préservés jusqu'à nos jours, virent au temps des frères Scheffer passer de nombreux écrivains, hommes politiques et artistes, Ingres, Lammenais, Chopin, Guizot, par exemple. L'atelier servit aussi de refuge aux républicains poursuivis"...(Catalogue de l'exposition, E. Renan, Paris, B.N, 1974)
(NDLRB. 502 éme article de ce blog. LETTRE DU MUSEE DE LA VIE ROMANTIQUE (Maison Ary Scheffer). Paris, le 12 juin 2009.
http://charte.de.fontevrault.over-blog.com/article-32550658.html
      Eugène Delacroix établit son atelier et son appartement, de 1844 à 1857, au n°58 rue Notre-Dame-de-Lorette. La maison n'avait alors que la largeur de la porte d'entrée et était disposée en équerre sur les deux côtés de la cour. Delacroix n'était pas installé depuis quatre ans que naissait Paul Gauguin dans la maison voisine (n°56) dont l'intéressante façade Louis-Philippe est décorée, comme beaucoup d'autres immeubles de la rue, de ces barres d'appui de fonte aux motifs recherchés, si caractéristiques de la Monarchie de Juillet.
      Le n°54 célèbre dans la pierre les amants légendaires, Héloïse et Abélard, dont la mode médiévale et le "tombeau" du Père-Lachaise avaient diffusée les portraits imaginaires. On les retrouve, en fonte, dans les médaillons de la porte du n°49, où vécut Pissaro en 1856.
      Au n°17 de la rue Pigalle, le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle (1714 -1785) habita de 1756 à 1782.
      En 1813, Théodore Géricault (1791-1824) quitta la rue de la Michodière et vint s'installer au 21 rue des Martyrs, non loin de l'atelier d'Horace Vernet, dans une maison où habitèrent de 1824 à 1827 le chansonnier et poète Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) et l'ancien député républicain Manuel (1775-1827).
      Le peintre de marines, Eugène Isabey (1803-1886), hanta véritablement le quartier ; il séjourna successivement rue de La Rochefoucault, rue Saint-Lazare, rue Bréda (actuellement rue Henri-Monnier) et avenue Frochot.

Hôtels particuliers
      Les hôtels de la rue de la Tour-des-Dames sont des exemples remarquables de l'architecture néo-classique parisienne. Ils furent construits par des architectes formés par l'Ecole des Beaux-Arts à l'imitation des formes antiques et des modèles de la Renaissance.
      C'est ici le véritable cœur de la Nouvelle Athènes, ainsi baptisée par Dureau, sans doute par référence, à l'architecture "antiquisante" de ses hôtels ou à la communauté d'artistes prestigieux qui s'y étaient installés.
     Dès 1820, Talma s'y fit construire par Charles Lelong l'hôtel du n°9, dont Delacroix décora la salle à manger. Adulé des foules le grand tragédien travaillait ses rôles face à des miroirs, dans une pièce du jardin.
    Tragédienne également, Melle Duchesnois vivait plus discrètement depuis 1822 dans son hôtel du n°3, dont la façade cintrée due à l'architecte Constantin, élève de Percier et Fontaine, détermine sur la rue comme une cour d'honneur miniature.
    Sa voisine et amie du n°1, la célèbre comédienne Melle Mars, était alors au sommet d'une carrière qui lui permettait, à plus de quarante-cinq ans, de briller dans des rôles de jeunes femmes. Elle avait du goût et de l'argent : l'hôtel construit par Constantin en 1820 et qu'elle fit dès 1824 modifier par Visconti fut le théâtre de fêtes fastueuses.
     Au n°27 de la place Saint Georges, le premier hôtel construit en 1824, fut celui de Mme Dosne, l'épouse du spéculateur immobilier à la tête de la Compagnie Saint-Georges qui réalisa le lotissement. Mme Dosne, qui devint pour Thiers une amie et un soutien, céda en 1833 au "au petit grand homme", déjà académicien et ministre, son hôtel et la main de sa fille.
    Propriété de l'Institut de France, l'hôtel abrite maintenant au rez-de-chaussée la collection de Frédéric Masson consacrée à Napoléon et à l'Empire et, au premier étage, celle de Thiers et sa Bibliothèque de 80 000 volumes.
      En face, les paisibles immeubles fin de siècle ne peuvent que pâlir devant l'étourdissant pastiche gothico-renaissance du n°28 qui fit déjà sensation à l'époque de sa construction, en 1840. L'architecte Renaud avait sans doute cherché à compenser l'étroitesse de la façade par la recherche architecturale et la richesse décorative.

Origine.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 09:27
 
AB ABSURDO . Par l'absurde Ab absurdo

Lorsque, pour démontrer une vérité, on commence par supposer un résultat contraire à celui qu'on se propose, et qu'en raisonnant d'après cette supposition, on aboutit à une conséquence que la raison ne peut admettre, on démontre ab absurdo.
Je veux démontrer l'existence de Dieu par le spectacle de l'univers. Je suppose que Dieu n'existe pas ; par conséquent, le monde est l'oeuvre du hasard. Or, il règne dans le mécanisme de l'univers une harmonie plus parfaite que dans les oeuvres les plus parfaites de l'homme, que dans une montre, par exemple. Si l'univers, oeuvre parfaite, s'est formé seul, à plus forte raison la montre, oeuvre moins parfaite, doit à elle-même son existence : conséquence évidemment absurde.


AB IMO PECTORE. Du fond du coeur
Cette locution se trouve souvent dans Virgile, pour exprimer l'extrême douleur, qui semble tirer ses larmes, ses gémissements, ses paroles du plus profond du coeur. On dit aussi imo pectore.

AB JOVE PRINCIPUM. Commençons par Jupiter... (Virgile, Églogue III, v. 60).
Le sénat romain avait pour le Dieu suprême et pour les dieux secondaires un aussi profond respect que nous pour nos saints : Ab Jove principium était la formule ordnaire VOLTAIRE

AB UNO DISCE OMNES. Et qu'un seul vous apprenne à les connaître tous (Virgile, Énéide, liv. II, v. 65).O DISCE OMNES.
Coupons court. Ab uno disce omnes, par une motte, juge la terre ; par une page, juge le livre ; par un homme, juge les autres.Walter SCOT

ACTA EST FABULA. La pièce est jouée.
Le régisseur du théâtre antique annonçait par ces mots aux spectateurs que la représentation était terminée et qu'ils pouvaient se retirer.
Sur le point d'expirer, Auguste, se sentant affaibli de plus en plus, demanda un miroir, se fit peigner les cheveux et raser la barbe ; après quoi, il ajouta : « N'ai-je pas bien joué mon rôle ? - Oui, lui répondit-on. - Battez donc des mains, dit-il, la pièce est finie ! Plaudite, acta est fabula ! »
L'acta est fabula est le consummatum est du paganisme ; ces deux exclamations nous semblent caractériser admirablement les deux religions :là, un rire bouffon ; ici, un cri sublime.
Notre Rabelais faisait aussi allusion à cette phrase dans les mêmes circonstances, et la traduisait à sa manière. Au moment de rendre à Dieu ou au diable son esprit satirique, il s'écriait dans un dernier éclat de rire : Tirez le rideau, la farce est jouée

Origine.
http://www.abnihilo.com/


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